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Virologie

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Lymphocytes T cytotoxiques spécifiques du virus de l'immunodéficience humaine Volume 5, numéro 1, Janvier - Février 2001

Auteurs
Laboratoire d'immunologie cellulaire, UMR CNRS 7627, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris

Les nouvelles technologies permettant de quantifier les lymphocytes CD8 spécifiques du virus (tétramères CMHI/peptide et mesure de la production d'IFNgamma) ont bouleversé l'étude du rôle des lymphocytes T cytotoxiques (CTL) spécifiques du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Les CTL anti-VIH, de spécificités restreintes, apparaissent après 1 semaine d'infection, pour s'élargir quelques semaines plus tard. Cela s'accompagne d'une diminution de 2 à 3 logs de charge virale. Pendant la phase asymptomatique, un équilibre hôte-virus s'établit, caractérisé par de très vigoureuses réponses CTL (fréquences : entre 10-2 et 10-3 cellules T CD8), dirigées contre toutes les protéines virales, et une réplication du VIH à bas bruit jusqu'à l'« échappement » du virus après 8 à 10 ans d'évolution. Un ratio d'environ 10 contre 1 peut s'établir entre CTL et cellules CD4 infectées, soit un rapport de force en faveur de l'efficacité des CTL. L'accroissement des niveaux de charge virale lors de la progression vers le sida peut témoigner d'un échappement viral, ou d'un épuisement de la réponse immunitaire. Les nouvelles trithérapies anti-rétrovirales efficaces permettent une certaine régénération du système immunitaire, tandis que le nombre de CTL effecteurs diminue. Malgré tout, le virus reste présent dans le « réservoir viral ».