John Libbey Eurotext

Virologie

MENU

Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, un agent venu de l’Est Volume 8, numéro 5, septembre-octobre 2004

Auteurs
Institut Pasteur, 36 avenue Pasteur, BP 220, Dakar, Sénégal

L’intérêt pour les virus à l’origine de fièvres hémorragiques chez l’homme est croissant car ces virus constituent un élément de l’arsenal bioterroriste. Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHF), largement répandu en Europe, en Asie et en Afrique, est l’un d’eux. Il s’agit d’un Nairovirus de la famille des Bunyaviridae transmis par des tiques. Son réservoir naturel est constitué par de nombreuses espèces sauvages et par les animaux d’élevage. L’homme se contamine par morsure de tique, contact avec le sang d’un animal infecté ou transmission nosocomiale. L’incubation dure de 1 à 13 jours ; les signes cliniques initiaux sont peu spécifiques et les hémorragies surviennent vers le quatrième ou le cinquième jour ; la létalité est de 30 %. La biologie montre une hyperleucocytose ou une leucopénie, une augmentation des enzymes de cytolyse et de cholestase hépatiques ou musculaires et une perturbation des mécanismes de la coagulation. Le diagnostic repose sur la sérologie, la RT-PCR et l’isolement viral. La ribavirine n’a pas fait la preuve de son efficacité au cours d’essais cliniques, mais elle est recommandée dans le traitement de l’infection par le virus de CCHF. Les mesures prophylactiques sont essentielles, notamment pour éviter la transmission nosocomiale, source de nombreuses épidémies humaines.