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Virologie

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La « non-progression » de l'infection à VIH : une origine multi-factorielle ? Volume 5, numéro 2, Mars - Avril 2001

Auteur
Service de bactériologie-virologie, CHU Saint-Antoine, 184, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 75571 Paris Cedex 12

De nombreux travaux ont porté sur la compréhension des mécanismes physiopathologiques à l'origine du maintien du système immunitaire pendant plus de 10 ans en l'absence de toute thérapeutique antirétrovirale chez des sujets infectés par le VIH, dit « non progresseurs à long terme » (NPLT). Dans la définition classique, cette population représente moins de 5 % des patients. En comparaison avec les patients « progresseurs », leur réplication virale apparaît moindre, quoique permanente. Aucune particularité virale n'a été clairement définie pour expliquer ce phénomène, même si la variabilité génétique importante semble jouer un rôle. L'activation du système immunitaire et le phénomène d'apoptose spontanée sont moindres chez les NPLT, avec une réponse spécifique des lymphocytes CD4 helper et le plus souvent une persistance de l'activité des lymphocytes cytotoxiques. L'immunité humorale est également bien conservée, avec des taux élevés d'anticorps neutralisants. Des caractéristiques génétiques, comme la délétion hétérozygote CCR5 et certains allèles HLA, semblent également intervenir. Cependant, si des facteurs virologiques, immunologiques ou génétiques ont été mis en évidence, aucun n'explique à lui seul ce phénomène de non-progression, qui est probablement d'origine multifactorielle. Enfin, avec le temps, les NPLT eux-mêmes finissent par présenter des signes de progression, remettant en cause la notion d'une population à part entière.