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Virologie

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Inhibiteurs de la protéase du VIH : relations avec la lipodystrophie et les troubles métaboliques Volume 5, numéro spécial 6, Numéro spécial, Décembre 2001

Auteur
Département médecine aiguë spécialisée, Maladies infectieuses, CHU, BP 217, 38043 Grenoble Cedex 9

Les lipodystrophies (modifications de la répartition des graisses de type atrophie ou hypertrophie) et les troubles métaboliques (hyperlipémie et/ou troubles du métabolisme glucidique) sont devenus les effets indésirables associés aux traitements antirétroviraux les plus redoutés par les patients. Elles sont présentes chez 60 % des patients traités par HAART (highly active antiretroviral therapy) ; les facteurs de risque reconnus sont la durée de l'exposition au traitement antirétroviral (même antérieur à la mise sous inhibiteurs de protéase (IP) et l'âge. Les mécanismes physiopathologiques seront discutés, impliquant une potentialisation entre inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse et IP dans la genèse de la lipodystrophie. La lipoatrophie correspondant à un arrêt de l'adipogenèse est de plus mauvais pronostic alors que obésité tronculaire, dyslipémie et insulino-résistance sont dépendantes de la présence des molécules antirétrovirales. Les conséquences de ces lipodystrophies sont la majoration probable du risque cardio-vasculaire, un risque de stéatose hépatique, la mauvaise observance thérapeutique (avec toutes ses conséquences) par crainte de cette lipodystrophie. La prise en charge implique la recherche des autres facteurs de risque cardio-vasculaire, le traitement des hyperlipémies sévères. La modification du traitement antirétroviral (changement de famille ou interruption thérapeutique programmée) ne permet pas toujours la résolution des anomalies.