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Virologie

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Infection par le virus de l'hépatite C et réponse immunitaire : application au diagnostic et à la vaccination Volume 1, numéro 3, Mai - Juin 1997

Auteurs
Laboratoire de virologie moléculaire, URA 1966, Institut Pasteur, 28, rue du Dr-Roux, 75724 Paris Cedex 15

Les infections par le virus de l'hépatite C (VHC) constituent un problème mondial de santé publique en raison d'une prévalence élevée et d'une évolution fréquente vers la chronicité pouvant déboucher sur une cirrhose et un carcinome hépatocellulaire. Le développement de trois générations de tests de dépistage du VHC, basés sur la détection des anticorps spécifiques des protéines virales, a permis de réduire considérablement les risques de transmission post-transfusionnelle du VHC. Cependant, le sérodiagnostic précoce des hépatites C reste difficile, et certains patients présentent encore des profils dits « indéterminés » qui correspondent à une réactivité isolée vis-à-vis d'un seul antigène. De nouveaux marqueurs sont à l'étude dans le but de résoudre ces problèmes. Ainsi la recherche d'anticorps de type IgM dirigés contre la capside et les protéines NS3 et NS4 permettrait de dépister une hépatite C à un stade précoce, et la distinction entre les stades aigu et chronique pourrait être réalisée par le dépistage quantitatif simultané des IgM et des IgG. La détection des anticorps dirigés contre les protéines d'enveloppe du VHC, qui n'ont pas été incluses dans les tests de diagnostic courants, pourrait s'avérer intéressante pour résoudre le problème des profils « indéterminés ». La mise au point d'un vaccin anti-VHC est une priorité, mais elle se heurte essentiellement à la grande variabilité du virus. En l'absence d'un système in vitro permettant des études de séroneutralisation, on ne peut évaluer actuellement le nombre de sérotypes viraux et la possibilité de neutralisation croisée. De plus, et bien que des premiers essais de vaccination réalisés à l'aide des protéines d'enveloppe du virus aient donné des résultats encourageants, on ignore actuellement quels antigènes ou déterminants viraux sont responsables de réponses immunes protectrices chez l'hôte. Enfin, le seul modèle animal, le chimpanzé, ne semble pas très adéquat pour tester des « candidats vaccins » car il présente une hépatite assez différente de celle de l'homme. La perspective d'une vaccination demeure encore lointaine et il est fondamental aujourd'hui de définir quels antigènes, codés par des régions du génome peu variables, pourraient participer à l'induction d'une réponse humorale neutralisante et/ou au développement d'une réponse de type cellulaire protectrice.