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Virologie

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Entérovirus D68 : un virus à haut potentiel pathogène et épidémique Volume 22, numéro 1, Janvier-Février 2018

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5

Tableaux

Auteurs
1 CHU Clermont-Ferrand, Laboratoire de virologie, Centre national de référence des entérovirus et des parechovirus,
Laboratoire associé,
63003 Clermont-Ferrand cedex, France
2 Université Clermont-Auvergne, LMGE UMR CNRS 6023, Équipe EPIE, Épidémiologie et physiopathologie des infections à entérovirus,
63000 Clermont-Ferrand, France
* Tirés à part
  • Mots-clés : EV-D68, infection respiratoire, myélite flasque aiguë, émergence, réseaux de surveillance
  • DOI : 10.1684/vir.2018.0719
  • Page(s) : 41-53
  • Année de parution : 2018

L’entérovirus D68 (EV-D68), isolé pour la première fois en 1962, a longtemps été l’un des entérovirus les moins souvent détectés par les systèmes de surveillance à travers le monde. En 2014, des phénomènes épidémiques anormaux touchant des enfants aux États-Unis conduisent le Center for Disease Control and Prevention (CDC) à lancer deux alertes consécutives, suivies d’une description de nombreux cas dans d’autres pays. L’EV-D68 est responsable d’infections respiratoires sévères chez l’enfant et chez l’adulte, particulièrement en cas de maladie respiratoire sous-jacente. Des complications neurologiques peuvent survenir, proches de celles liées aux poliovirus ou à l’EV-A71. Les observations cliniques et radiologiques recueillies ont cependant permis d’identifier une entité neurologique spécifique associée à l’EV-D68, la myélite flasque aiguë, dont l’évolution est marquée de séquelles fréquentes. L’épidémiologie moléculaire des souches isolées dans différents pays du monde montre une évolution rapide du virus depuis les années 1990, témoignant d’une circulation importante dans la population. L’introduction de nouveaux clades pourrait expliquer la survenue d’épidémies dans des populations non immunisées. L’émergence récente de l’EV-D68 souligne encore une fois le pouvoir épidémique imprévisible des entérovirus et leur caractère neurotrope. Elle doit inciter à renforcer la surveillance de ces infections et à rechercher puis caractériser les entérovirus dans tous les tableaux infectieux sévères.