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Sciences sociales et santé

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La décision médicale entre expertise et contrôle de la demande : le cas des interruptions de grossesse pour motif thérapeutique Volume 19, numéro 2, Juin 2001

Auteur
CIEU-CNRS, Maison de la Recherche, Université de Toulouse-Le Mirail, 5, allée Antonio-Machado, 31058 Toulouse Cedex, France
  • Mots-clés : expertise médicale, décision, demande, avortement thérapeutique.
  • Page(s) : 31
  • Année de parution : 2001

La loi de 1975 indique que l’interruption de grossesse peut être pratiquée à toute époque dès lors que le fœtus est atteint d’une affection incurable d’une particulière gravité. Pour faire face à l’incertitude du diagnostic et à la complexité de l’interprétation des termes de la loi qui leur laissent la responsabilité de la décision, les praticiens du département de Gynécologie-obstétrique d’un CHU ont mis en place un « comité de vigilance » qui se substitue aux deux médecins prescrits par la loi. Dans la mission d’expertise qui leur est confiée et qui outrepasse leurs compétences médicales, les praticiens, portés sur le terrain des normes sociales, procèdent, à travers la qualification de l’anomalie, à une évaluation de la qualité de la demande. Dans les cas de malformation qui, plus que des critères médicaux, mobilisent des dimensions esthétiques et sociales, les acteurs du collectif s’interrogent sur la légitimité de la demande en recourant à des arguments de type contextuels, familiaux ou psychologiques. Dans ses fondements (la recherche d’objectivité) comme dans son fonctionnement (confusion entre normes médicales et normes éthiques), le collectif étudié est exemplaire de la tension entre « finalité en ratio » et « finalité en valeur » qui anime les pratiques soignantes autour des techniques de procréation.