John Libbey Eurotext

Science et changements planétaires / Sécheresse

MENU

Désertification dans les aires sèches endoréiques du Sud du bassin de l'Aral Volume 13, numéro 1, Mars 2002

Auteurs
Université de Reims Champagne-Ardenne, Laboratoire de géographie zonale pour le développement (LGZD), 57, rue Taittinger, 51100 Reims, France
  • Mots-clés : Désertification, pollution.
  • Page(s) : 51-60
  • Année de parution : 2002

Les platitudes sèches endoréiques du bassin de l'Aral font partie des milieux secs steppiques de latitude tempérée. Ils constituent des milieux difficiles, où l'aridité (80 à 100 mm/an de précipitations au sud du lac Aral) est aggravée par le régime froid des hivers et par les étés brûlants qui bloquent la biologie. Les sols sont squelettiques, souvent halomorphes, sableux dominants. La colonisation soviétique y fait suite à une occupation ancienne surtout néolithique. Les sites néolithiques se comptent par milliers entre 12 000 et 4 000 BP, témoignant de précipitations favorables entre 6 000 et 4 000 BP. Puis, vers, 3 000 BP, le désert se vide au profit des piémonts où s'amorce une civilisation hydraulique agricole. Au début du xxe siècle, outre l'irrigation, l'URSS a adopté l'exploitation des minerais comme stratégie de développement, avec, comme conséquence, une forte pollution des paysages par les stériles d'extraction et les produits de traitement, et une désertification sévère par pollution chimique prédominante et contamination de l'eau par les sels. L'usage réel de l'eau par hectare au début des années 80 est de 15 400 m3/ha/an, l'eau nécessaire étant d'environ 9 400 m3/ha/an. L'équilibre n'a pas été maintenu entre les activités humaines et l'environnement spécifique. De multiples tentatives de lutte contre la désertification sont actuellement mises en chantier.