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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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La carence iodée : bilan et perspectives pour le futur Volume 12, numéro 1, Janvier - Février 2002

Auteurs
Département de nutrition pour la santé et le développement, Organisation mondiale de la santé, CH 1211 Genève 27, Suisse.

Les troubles dus à la carence iodée (TDCI) sont un problème majeur de santé publique dans le monde. L'OMS estime que 740 millions de personnes sont actuellement atteintes de goitre. Les TDCI sont liés à l'hypothyroïdie et leur importance tient à ce qu'elles sont responsables de la première cause d'anomalies cérébrales qui puisse faire l'objet de mesures de prévention chez l'enfant. La stratégie préconisée pour corriger les TDCI repose sur l'iodation du sel. Au cours des 20 dernières années, une mobilisation de la communauté internationale pour éliminer les TDCI sous la conduite de l'OMS, de l'Unicef et de l'ICCIDD a permis d'accomplir des progrès considérables, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud-Est où l'endémie est très sévère. Ces progrès ont porté essentiellement sur l'iodation du sel : 68 % de la population des pays affectés a aujourd'hui accès au sel iodé. Cependant, parmi les 130 pays affectés, une trentaine n'a toujours pas de programme de prévention. En outre, le contrôle de la qualité du sel iodé et le suivi de l'état iodé de la population sont encore limités dans de nombreux pays, exposant ainsi les populations au risque d'apport excessif d'iode et donc d'hyperthyroïdie. Enfin, certains pays, notamment en Europe de l'Est, assistent à la résurgence des TDCI, alors qu'ils avaient disparu. Éliminer les TDCI est un objectif réaliste mais, pour ce faire, il importe de mettre l'accent sur la pérennité des programmes d'iodation du sel, ce qui implique un engagement accru des responsables sanitaires et de l'industrie du sel.