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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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L'allaitement maternel en Afrique : l'évolution favorable sera-t-elle remise en question par l'épidémie de sida ? Volume 12, numéro 1, Janvier - Février 2002

Auteur
Institut de recherche pour le développement UR 106 « Nutrition, Alimentation, Sociétés », Centre collaborateur de l'OMS pour la nutrition, IRD, BP 64501, 64394 Montpellier Cedex 5, France.

En Afrique, plus de 95 % des nourrissons sont allaités et la durée de l'allaitement maternel est longue, mais l'allaitement exclusif est peu pratiqué. L'habitude de donner de l'eau au nourrisson allaité est très répandue. L'urbanisation et l'éducation des mères font reculer l'allaitement, mais plusieurs pratiques ont progressé depuis une décennie, l'initiation précoce et la durée de l'allaitement et, dans une moindre mesure, l'allaitement exclusif. Cette progression pourrait être remise en question par l'épidémie de sida car le VIH-1 peut être transmis à l'enfant par le lait maternel. L'allaitement non exclusif serait la pratique la plus risquée en termes de transmission. L'OMS recommande aux mères séropositives de ne pas allaiter ou d'allaiter exclusivement pendant quelques mois puis de sevrer le nourrisson. Cependant, la faisabilité sans risque de l'allaitement artificiel est très incertaine car la mortalité des nourrissons non allaités est importante dans les pays pauvres. La promotion de l'allaitement exclusif, peu efficace jusqu'alors, devra être renforcée et ses méthodes devront être renouvelées. Un sevrage précoce et rapide sera, en revanche, difficile à mettre en pratique et pourrait avoir des conséquences négatives sur la santé des nourrissons. Une forte détermination des États africains à promouvoir l'allaitement exclusif auprès de toutes les mères permettra de limiter la transmission du VIH à l'enfant tout en conservant les bénéfices de l'allaitement maternel.