John Libbey Eurotext

Revue de neuropsychologie

Troubles morphosyntaxiques chez l’enfant sourd et chez l’enfant dysphasique : similarités et spécificités Volume 8, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2016

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Université de Picardie Jules-Verne,
Centre de recherche en psychologie, cognition, psychisme, organisations (CRP-CPO),
Département de psychologie, EA7273,
chemin du Thil,
80025 Amiens, France
2 Université Felix Houphouët Boigny,
Cocody, Abidjan
* Correspondance
  • Mots-clés : développement morphosyntaxique, compréhension, production, trouble spécifique du langage, surdité
  • DOI : 10.1684/nrp.2016.0386
  • Page(s) : 161-72
  • Année de parution : 2016

D’importantes difficultés morphosyntaxiques sont constatées à la fois chez les enfants atteints de troubles spécifiques du langage oral (TSL) et chez les enfants sourds atteints d’une déficience auditive sévère à profonde. La comparaison de ces deux pathologies devrait ainsi nous permettre de mieux comprendre les causes du déficit morphosyntaxique. La présente étude évalue les compétences morphosyntaxiques en compréhension et en production de sept enfants sourds profonds avec implant cochléaires et 13 enfants sourds sévères, de dix enfants avec TSL et de 20 enfants de même âge chronologique (enfants typiques). Une épreuve de compréhension (l’ECOSSE) et une épreuve de production (l’EPIS) ont été utilisées pour mesurer leurs compétences morphosyntaxiques. Les résultats montrent de meilleures performances en compréhension par rapport à la production, cela quel que soit le groupe. En compréhension, les enfants sourds obtiennent de meilleurs résultats que les enfants TSL et des résultats équivalents à ceux du groupe témoin. En revanche, en production, les enfants sourds et les enfants TSL ont des résultats comparables mais largement inférieurs à ceux des enfants typiques. Ces résultats suggèrent, d’une part, que les difficultés morphosyntaxiques ne seraient pas spécifiques à une pathologie en particulier et, d’autre part, que les difficultés en production seraient davantage liées à des limitations de capacité de traitement.