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Médecine de la Reproduction

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Le système kisspeptine/GPR54 : la clé majeure du contrôle de la reproduction Volume 10, numéro 2, Mars-Avril 2008

Auteur
UMR 6175 Inra-Cnrs-Université de Tours-Haras Nationaux, Physiologie de la Reproduction et des Comportements, 37380 Nouzilly, France

La découverte récente du rôle essentiel du système kisspeptine/GPR54 dans la régulation de l’axe gonadotrope est l’une des plus importantes dans le domaine de la biologie de la reproduction depuis 30 ans. Les mutations du récepteur GPR54 rendent les humains et les souris incapables d’atteindre la puberté, et donc stériles. La kisspeptine, ligand de ce récepteur est un acteur majeur dans les mécanismes de rétrocontrôle des stéroïdes sur la libération du GnRH et semble impliquée dans toutes les étapes de transition de la vie reproductive. De plus en plus de résultats indiquent que cette molécule intervient également au niveau de l’hypophyse et des gonades. Par ailleurs, la kisspeptine est un des intermédiaires permettant de relier le statut métabolique à la reproduction. Les premières manipulations pharmacologiques de l’axe gonadotrope par la kisspeptine sont très prometteuses. En administration périphérique (iv), elle stimule fortement la sécrétion des gonadotrophines chez l’animal comme chez l’homme. Chez la brebis, elle permet de synchroniser l’ovulation à l’heure près, en saison de reproduction, ou d’induire une cyclicité suivie d’une ovulation chez des animaux en état de repos sexuel. Cette découverte ouvre sans aucun doute la voie à de nouvelles possibilités de traitement des troubles de la reproduction chez l’homme comme chez l’animal : puberté précoce ou tardive, infertilité d’origine centrale ou liée à l’état métabolique.