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Médecine de la Reproduction

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Grossesses sous immunopresseurs : cinquante ans d’expérience Volume 15, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2013

Auteur
Service de néphrologie, hôpital européen Georges-Pompidou, 20, rue Leblanc, 75015 Paris, France

Les premières grossesses chez des patientes transplantées d’organe solide et recevant donc un traitement immunosuppresseur remontent à cinquante ans. Si ces premières années ont permis de montrer qu’il était possible de réaliser de telles grossesses, elles ont mis également l’accent sur le fait que des questions persistaient. Un délai de stabilisation après transplantation est nécessaire, le plus souvent entre un et deux ans après la transplantation. La fonction du greffon doit être bonne et le traitement immunosuppresseur stabilisé. Le suivi de la grossesse doit être multidisciplinaire avec une collaboration étroite entre immunologistes, transplanteurs et l’équipe d’obstétrique. Si la grossesse est le plus souvent couronnée de succès, il convient d’avertir la receveuse de la probabilité importante d’un accouchement avant terme, d’une césarienne. Les conséquences sur le greffon restent sujettes à discussion. En ce qui concerne les conséquences sur le fœtus, les registres existants sont plutôt rassurants même si des questions persistent sur les éventuelles conséquences immunitaires et de développement neurocognitif liées à l’utilisation des traitements immunosuppresseurs. Des recommandations assez précises, fondées sur des observations cliniques, existent pour l’utilisation de ces traitements immunosuppresseurs et sur la stratégie à proposer vis-à-vis de celui-ci avant le démarrage d’une grossesse.