John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Quelle place pour les huiles de poisson au cours des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin ? Volume 5, numéro 3, Mai - Juin 1998

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Nos grand-mères connaissaient les vertus de l'huile de foie de morue, que des générations d'enfants ont ingurgitée chaque hiver. La logique de l'apport d'huile de foie de morue reposait en réalité sur la concentration importante en vitamine D qu'elle contient. D'autres vertus thérapeutiques des huiles de poisson ont été plus récemment mises en évidence. Au début des années 1970, une étude danoise a montré la faible incidence des maladies cardio-vasculaires chez les esquimaux du Groenland, gros consommateurs de poissons [1]. Une étude hollandaise publiée en 1985 [2] a montré que la consommation quotidienne de 30 g de poisson par jour diminue par deux la mortalité par accident coronarien. Depuis, de nombreux travaux ont bien mis en évidence l'effet hypolipémiant et antiagrégant des huiles de poisson par l'intermédiaire de leur richesse en acides gras de la série n-3 (omega3), et principalement en acide eicosapentaénoïque (EPA) et en acide docosahexaénoïque (DHA). Par ailleurs, des effets anti-inflammatoires ont été démontrés chez l'animal [3, 4], et l'intérêt thérapeutique des omega3 a été avancé dans plusieurs maladies inflammatoires chroniques, tant chez l'animal pour le lupus [5], que chez l'homme pour le psoriasis [6] ou la polyarthrite rhumatoïde [7]. Bien que l'étiologie des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) reste obscure, il est établi que des anomalies immunologiques contribuent à l'inflammation chronique de l'intestin et la majorité des traitements utilisés dans ces maladies ont des propriétés immunomodulatrices [8]. Plusieurs travaux expérimentaux et cliniques suggèrent un intérêt potentiel des huiles de poisson, au cours de la rectocolite hémorragique (RCH) et de la maladie de Crohn