John Libbey Eurotext

Hématologie

Un purpura thrombopénique immunologique au cours de la grossesse Volume 23, numéro 4, Juillet-Août 2017

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 Service de médecine interne, centre de référence cytopénies auto-immunes de l’adulte CHU Henri Mondor, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, université Paris-Est Créteil, 51 avenue du Mal de Lattre de Tassigny, 94000 Créteil
2 Service de médecine interne, Centre Hospitalier Alpes Léman, Contamine-sur-Arve
* Tirés à part
  • Mots-clés : purpura thrombopénique immunologique, grossesse, pré-éclampsie, thrombopénie gestationnelle
  • DOI : 10.1684/hma.2017.1282
  • Page(s) : 262-70
  • Année de parution : 2017

La découverte d’une thrombopénie en cours de grossesse est loin d’être une situation exceptionnelle. La thrombopénie gestationnelle, le plus souvent modérée (plaquettes > 70 G/L) et sans conséquence pour la mère et le fœtus, en est la cause de loin la plus fréquente. En cas de thrombopénie plus marquée, il faut savoir distinguer les causes obstétricales – telles que la pré-éclampsie, au pronostic materno-fœtal et à la prise en charge particuliers – des causes non obstétricales comme le purpura thrombopénique immunologique (PTI). Dans le cas d’un PTI, que celui-ci soit nouvellement diagnostiqué en cours de grossesse ou qu’il s’agisse d’un PTI connu avant le début de la grossesse, les indications thérapeutiques sont, en dehors de la période de l’accouchement, superposables à celles d’un PTI classique. Les possibilités thérapeutiques en revanche sont, de fait, plus limitées au cours de grossesse et se résument essentiellement à la corticothérapie et/ou aux immunoglobulines polyvalentes intraveineuses (Ig.IV). Le recours à un traitement de deuxième ligne n’est pas codifié car nombre de traitements du PTI sont soit contre-indiqués, soit déconseillés au cours de la grossesse. À l’approche de l’accouchement, le seuil de plaquettes visé est ≥ 50 G/L afin de limiter le risque d’hémorragie de la délivrance sévère et, en cas d’anesthésie péridurale, le seuil minimal de plaquettes recommandé est de 75 G/L ; une concertation étroite avec l’équipe obstétricale est recommandée. Compte tenu du risque de thrombopénie néonatale chez les nouveau-nés de mère atteinte de PTI (8 à 10 % des cas pour un seuil de plaquettes < 50 G/L), une numération plaquettaire doit systématiquement être réalisée chez le nouveau-né et, en cas de thrombopénie profonde, un traitement par transfusion de plaquettes et Ig.IV est recommandé.