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Hématologie

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Mise au point sur le traitement des leucémies/lymphomes T de l’adulte liés au rétrovirus HTLV-I Volume 20, numéro 2, Mars-Avril 2014

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Département d’anatomie, biologie cellulaire et physiologie, faculté de médecine, université américaine de Beyrouth, Beyrouth, Liban
2 Département d’hématologie, hôpital Necker, université de Paris Descartes, Paris, France
3 Département de médecine interne, faculté de médecine, université américaine de Beyrouth, Beyrouth, Liban
* Tirés à part

La leucémie/lymphome T de l’adulte (ATL) est la première maladie humaine maligne associée à une infection chronique par un rétrovirus, HTLV-1. Elle se manifeste chez environ 5 % des 10 à 20 millions de personnes infectées, après une longue période de latence. L’ATL a un pronostic effroyable avec une médiane de survie de moins d’un an, du fait d’une résistance à la chimiothérapie et d’un déficit immunitaire profond. L’oncoprotéine virale, Tax, est un acteur important à l’origine de l’ATL et qui agit en interférant avec la prolifération cellulaire, le cycle cellulaire, l’apoptose ainsi que la réparation de l’ADN. La classification de Shimoyama décrit quatre formes cliniques (aiguë, lymphome, chronique, et smoldering). Dans les formes agressives (aiguë et lymphome), les essais cliniques, principalement effectués au Japon, ont démontré que des associations de chimiothérapies peuvent induire des taux de réponse acceptables dans l’ATL lymphome mais pas dans la forme aiguë. Cependant, le pronostic à long terme reste médiocre dans les deux cas, en raison d’un taux de rechute élevé. De même, les formes dites indolentes (smoldering et chronique) gardent un mauvais pronostic qu’elles soient prises en charge sous la forme d’une observation sans traitement watch and wait ou traitées par chimiothérapie. Nous avons récemment réalisé une méta-analyse internationale qui a montré que l’association de deux agents antiviraux, la zidovudine et l’interféron-alpha, est très efficace dans les formes leucémiques d’ATL et doit être considérée comme le traitement standard de première ligne, dans ce cadre. Cette association a changé l’histoire naturelle de la maladie et a induit une amélioration significative de la survie à long terme des patients atteints de l’ATL chronique ou smoldering ainsi que d’un sous-ensemble de patients atteints d’ATL aiguë. Les patients atteints de la forme lymphomateuse bénéficient toujours d’une chimiothérapie d’induction, en association simultanée ou séquentielle, avec une thérapie antivirale à base de zidovudine et d’interféron-alpha. L’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques reste une voie prometteuse et potentiellement curative mais pour un faible nombre de malades. De nouveaux médicaments tels que le trioxyde d’arsenic associé à l’interféron-alpha ou les anticorps monoclonaux tels que l’anti-CXCR4 ont montré des résultats prometteurs.