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Hématologie

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Méningites lymphomateuses : prophylaxie et traitement Volume 14, numéro 4, Juillet-août 2008

Auteurs
Institut Jules Bordet, Université Libre de Bruxelles (ULB), Belgique
  • Mots-clés : méningite lymphomateuse, facteur de risque, chimiothérapie intrathécale, prophylaxie
  • DOI : 10.1684/hma.2008.0276
  • Page(s) : 300-5
  • Année de parution : 2008

L’infiltration du SNC est une complication redoutable des lymphomes non hodgkiniens (LNH). Cette atteinte survient la plupart du temps dans un contexte de rechute de la maladie. Le plus souvent non curable et de pronostic sombre, il est donc primordial d’identifier les patients à risque de rechute méningée et d’établir le meilleur schéma prophylactique. Pour l’ensemble des LNH, l’incidence varie entre 2,8 % (bas grade) et 24,4 % (agressif). Dans une étude du GELA, C. Haioun montre que l’incidence d’atteinte du SNC après prophylaxie est de 1,6 % par rapport à une incidence de 5 % sans prophylaxie. Le diagnostic est fondé sur l’imagerie (RMN au gadolinium) et l’identification de cellules lymphomateuses dans le LCR (cytologie, anatomopathologie et en cytométrie de flux). Une revue des différentes études a permis d’identifier plusieurs facteurs de risque. Le plus souvent, c’est le degré d’extension de la maladie (nombre de sites extranodaux, taux de LDH…) qui est déterminant pour identifier les patients à risque. Nous proposons une attitude prophylactique en se fondant sur la littérature : les patients ayant un LNH agressif avec plus de 2 facteurs de risque IPI ajustés à l’âge, ou les localisations particulières (sinus, testicules), se verront proposer une prophylaxie. Celle-ci consiste en une chimiothérapie intrathécale (IT) et systémique haute dose. En ce qui concerne le traitement, il a pour but d’améliorer la survie tout en limitant les effets secondaires. La radiothérapie sera proposée chez les patients symptomatiques afin de retarder la progression des symptômes neurologiques sans augmenter la survie. La chimiothérapie systémique haute dose de drogues pénétrant le SNC montre des résultats encourageants en particuliers si le traitement est intensifié par une autogreffe de cellules souches. L’administration de chimiothérapie intrathécale fait également partie de l’arsenal thérapeutique. Parmi les agents utilisés citons le MTX, la cytarabine et le DépoCyt ®. De nouvelles études sont nécessaires afin de comparer le DépoCyt ® au MTX, et d’évaluer prospectivement des approches non plus palliatives, mais curatives.