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Hématologie

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Les traitements intensifs du myélome Volume 2, numéro 1, Janvier - Février 1996

Auteur
Service d'hématologie, CHU, Nantes.

En 1983, Tim Mc Elwain du Royal Marsden Hospital ouvre l'ère des traitements intensifs du myélome multiple en rapportant l'efficacité de haute dose de melphalan (140 mg/m2) y compris chez des patients réfractaires aux traitements conventionnels. Au cours des dix années suivantes, de nombreuses équipes se sont attachées à explorer les différentes modalités d'intensification, à préciser les conditions optimales de leur réalisation, à évaluer leur intérêt par rapport aux traitements conventionnels. Il semble désormais acquis que les traitements intensifs sont faisables chez une majorité des patients atteints de myélome, qu'ils permettent de contrôler mieux et plus durablement la progression de la maladie que les traitements conventionnels, qu'ils sont certainement mieux tolérés et probablement plus efficaces s'ils sont effectués tôt dans l'évolution de la maladie. Néanmoins, l'objectif essentiel qui est la guérison d'un nombre important de patients n'est pas encore atteint. Pour approcher cet objectif, il est désormais nécessaire de répondre à un certain nombre de questions : la répétition de traitements intensifs est-elle faisable et plus efficace ? La purge du greffon autologue (le plus couramment utilisé) est-elle possible, jusqu'à quel point, est-elle utile ? Quels moyens utiliser pour contrôler la maladie résiduelle ? L'existence d'un effet du greffon contre le myélome observé après allogreffe incite à explorer la voie de l'immunothérapie, l'approfondissement de la connaissance de la biologie du myélome permet déjà l'exploration de l'efficacité de cytokines telles que l'IL4. La réponse à ces questions ne sera obtenue que par la réalisation de protocoles rigoureux, dans le cadre de groupes associant cliniciens et chercheurs.