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Hématologie

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Les cellules ES : une avancée capitale dans la compréhension de la biologie de l’hématopoïèse Volume 4, numéro 6, Novembre - Décembre 1998

Auteurs

Les cellules embryonnaires de souris (cellules ES) sont surtout connues pour leur utilisation dans la fabrication de souris porteuses de mutations nulles, les souris knock out. L’impact de cette technologie a été considérable et son emploi très informatif, permettant de définir la fonction de nombreuses protéines dans l’hématopoïèse, protéines transactivatrices, facteurs de croissance et leurs récepteurs, protéines intervenant dans les signaux intracellulaires. Il existe parallèlement des méthodes complémentaires, qui tout en dispensant de la fabrication de souris transgéniques, permettent l’analyse des effets d’une mutation effectuée dans les cellules ES sur l’hématopoïèse : la différenciation hématopoïétique in vitro des cellules ES est un moyen d’analyser les conséquences d’une mutation sur les lignées myéloïdes, la complémentation de blastocyste offre la possibilité d’examiner la participation de cellules ES mutées au développement de toutes les lignées hématopoïétiques dans une souris chimère. Par ailleurs, il paraît aujourd’hui très probable que le système de différenciation hématopoïétique in vitro des cellules ES, qui récapitule certaines étapes de l’embryogenèse, puisse constituer un modèle d’étude de l’émergence de l’hématopoïèse au cours du développement embryonnaire. Un pas supplémentaire dans les perspectives offertes par les cellules ES a été franchi avec le système Cre-loxP. Il rend possible à la fois l’inactivation spécifique d’un gène dans le tissu hématopoïétique, ce qui permet d’éviter la létalité indirecte de la mutation, et la création d’altérations chromosomiques telles que des translocations réciproques qui peuvent fournir des modèles murins de réarrangements chromosomiques souvent associés aux cancers humains. Enfin le knock in a déjà été employé pour remplacer un gène normal par une forme aberrante du même gène, mimant ainsi certaines translocations rencontrées dans des leucémies aiguës myéloïdes ou pour remplacer un gène par la séquence codante d’un autre gène de la même famille afin d’analyser les phénomènes de redondance.