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Hématologie

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Le parvovirus B19 et l'hématopoïèse Volume 1, numéro 6, Novembre - Décembre 1995

Auteurs
Unité de virologie, service de microbiologie, hôpital Saint-Louis, Université Paris VII, 1, avenue Claude-Vellefaux, 75475 Paris Cedex 10.

Le parvovirus humain B19 a été découvert en 1975 dans le sérum de donneurs de sang. Il appartient à la famille des Parvoviridae genre parvovirus. Ainsi que les autres membres de cette famille, il est de petite taille, non enveloppé, à capside icosaédrique contenant une molécule d'ADN simple brin. C'est le seul virus de cette famille qui soit pathogène pour l'homme. Le cycle infectieux humain dépend d'un équilibre entre réplication virale et réponse immunitaire. Les cellules-cibles du parvovirus B19 sont les cellules érythroïdes. In vitro, la réplication du parvovirus B19 est directement cytolytique et inhibe fortement la multiplication des progéniteurs érythroïdes tardifs, les CFU-E. Ce tropisme particulier du parvovirus B19 explique la survenue in vivo de crises érythroblastopéniques aiguës chez des patients présentant une pathologie hématologique sous-jacente. Ces manifestations peuvent être traitées par injection d'immunoglobulines et transfusion sanguine. Le parvovirus B19 est responsable d'anémies aiguës foetales pouvant se compliquer d'anasarque ; le traitement par transfusions foetales est efficace dans 50 % des cas. Des anémies chroniques liées au parvovirus B19 ont été décrites chez des patients immunodéprimés, elles peuvent être traitées par des injections d'immunoglobulines, mais des rechutes sont possibles. Dans ces pathologies, un vaccin, en cours de mise au point, serait utile pour réduire la morbidité et mortalité liées au virus. Les manifestations cliniques les plus courantes de l'infection par ce virus sont cependant le mégalérythème épidémique, cinquième maladie de l'enfant. Chez l'adulte sain, l'infection virale est asymptomatique dans 20 % des cas et peut provoquer des arthralgies associées ou non à une éruption cutanée. Ces symptômes surviennent bien après la disparition de la virémie. La réponse immunitaire semble en effet responsable de ces manifestations probablement par le dépôt de complexes immuns.