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Hématologie

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Hépatites à virus B ou C dans les greffes de cellules souches hématopoïétiques Volume 11, numéro 5, Octobre 2005

Auteurs
Département d’hématologie pédiatrique, hôpital San-Camillo, Rome, Service d’hématologie, CHU Henri-Mondor, 94000 Créteil

Bien que le risque d’acquisition d’hépatite liée aux virus B (VHB) ou C (VHC) par le biais des produits sanguins ait considérablement diminué au cours de la dernière décennie, certains patients candidats à la greffe de cellules souches hématopoïétiques arrivent à la greffe infectés par ces virus. D’autres n’ont pas d’autre donneur possible qu’un donneur infecté. L’évolution des transaminases durant la chimiothérapie prégreffe donne habituellement des informations importantes pour anticiper sur le risque de réactivation post-greffe, qu’il s’agisse du VHB ou du VHC. Plus de 60 % des patients infectés par le VHB avant greffe réactivent leur hépatite après greffe, et 3 % développent une insuffisance hépatique aiguë sévère. La réplication virale et la reconstitution immunitaire sont les deux facteurs clés de la réactivation. Les patients infectés avant greffe doivent faire l’objet d’une surveillance attentive des tests hépatiques et de la charge virale durant les premiers mois de la greffe, et le traitement immunosuppresseur doit être diminué très progressivement. La lamivudine réduit la virémie liée au VHB, mais peut aussi favoriser l’émergence de gènes mutants du VHB polymérase, et son utilisation doit être décidée au cas par cas. Qu’il s’agisse d’une réactivation du VHB ou du VHC, si une élévation des ALAT ≥ 10 N s’accompagne d’une augmentation de la charge virale lors d’une phase de reconstitution immunitaire, une corticothérapie est indiquée. Dans le cas d’une allogreffe intrafamiliale, si le receveur n’a d’autre alternative qu’un donneur infecté par le VHB ou le VHC, le risque de transmission du virus et d’insuffisance hépatique aiguë ainsi que celui de complications tardives doit être pesé en regard du bénéfice de la greffe dans une situation donnée. Compte tenu du caractère non exceptionnel de ces situations, des recommandations sont formulées, qui ont déjà fait l’objet d’une réflexion au sein de l’Infectious Diseases et la Late Effects Working Party de l’European Group for Blood and Marrow Transplantation.