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Hématologie

Fibrinolyse, nouveaux concepts : vésicules et cross-talk fibrinolytiques Volume 17, numéro 6, Novembre-Décembre 2011

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  • Auteur(s) : Laurent Plawinski, Tiphaine Dejouvencel, Eduardo Anglés-Cano , UMR6232-CNRS, CiNaps, Centre d’imagerie et neurosciences appliquées à la pathologie, Inserm U919 Serine proteases in neurovascular physiopathology, GIP Cyceron, bd Henri Becquerel, 14074-cdx, Caen, rance
  • Mots-clés : fibrinolyse, microvésicule, plasminogène, activateurs du plasminogène, <i>cross-talk</i> fibrinolytique
  • Page(s) : 423-34
  • DOI : 10.1684/hma.2011.0656
  • Année de parution : 2011

La phase lytique d’un caillot hémostatique résulte d’un nombre restreint de réactions enzymatiques localisées à la surface de la fibrine ou des membranes cellulaires. Un défaut fonctionnel, ou une insuffisance de cette activité fibrinolytique peut conduire à la consolidation d’un thrombus dont les conséquences ischémiques au niveau coronaire ou cérébral sont sévères, voire fatales. Nonobstant ce constat, l’évaluation du fonctionnement de ce système demeure un véritable défi en hémostase, et ce malgré une progression réelle dans la connaissance individuelle des molécules agissant autour du système plasminogène/plasmine : activateurs, inhibiteurs, récepteurs et leurs régulateurs. La nécessité d’un assemblage moléculaire restreint la formation de plasmine à une surface (fibrine, membrane) et limite son activité à la lyse du caillot. L’activateur tissulaire du plasminogène (tPA) et la plasmine active libérés dans le sang suite à la lyse de la surface d’attache sont immédiatement neutralisées par des inhibiteurs ( plasminogen activator inhibitor 1 [PAI-1], α 2-antiplasmine). Il est donc difficile, voire impossible, de détecter ce phénomène fibrinolytique à l’aide des méthodes actuellement utilisées. Si le caillot de fibrine n’est pas accessible pour déterminer le degré ou l’intensité de la réponse fibrinolytique, il a été récemment démontré qu’il existe dans la circulation des vecteurs pouvant diffuser cette information. En effet, la récente découverte de l’activité fibrinolytique des microvésicules membranaires suggère que ces dernières seraient un indicateur de la réponse fibrinolytique face à un processus inflammatoire ou prothrombotique. Ces microvésicules fibrinolytiques, issues de cellules parentales productrices d’activateurs du plasminogène, porteraient à leur surface la molécule synthétisée par la cellule maternelle (cellules endothéliales : tPA ; leucocytes : urokinase [uPA]). Ces molécules, localisées à la membrane cellulaire sur des sites spécifiques, conservent leur capacité d’activation du plasminogène et sont donc capables de générer de la plasmine à la surface des microvésicules. Plus intéressant encore, il a été également découvert que ces microvésicules fibrinolytiques interviennent dans un nouveau mécanisme de formation de plasmine au cours duquel la plasmine formée est le résultat de l’interaction entre deux surfaces distinctes : il s’agit donc d’un cross-talk fibrinolytique. Une des surfaces réactionnelles porte le plasminogène, c’est le cas de la fibrine, de la membrane plaquettaire ou encore de la matrice extracellulaire. La deuxième surface porte l’activateur du plasminogène intervenant dans ce cross-talk. Il s’agit de l’uPA retrouvée sur la membrane des leucocytes ou des microvésicules. Ces nouveaux acteurs et concepts d’activation du plasminogène ouvrent de nouvelles voies dans la compréhension de la fibrinolyse et de leur étude en pratique clinique.