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Hématologie

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Faut-il traiter les anémies hémolytiques auto-immunes comme il y a 30 ans ? Volume 4, numéro 4, Juillet-Août 1998

Auteurs
  • Page(s) : 306-18
  • Année de parution : 1998

L'anémie hémolytique auto-immune (AHAI) n'est pas une maladie mais un syndrome, dont les causes et l'évolution sont d'une grande variabilité. Certains patients guérissent spontanément après une poussée d'hémolyse aiguë, d'autres répondent au traitement et ne rechutent plus, mais la majorité rechutent et leur hémolyse nécessite d'être contrôlée pendant des années. Quelques patients ont même une hémolyse sévère qui résiste à tout traitement. La corticothérapie date des années 50 [1], la splénectomie d'avant la Première Guerre mondiale [2], les immunosuppresseurs des années 60 [3]. Ces trois types de traitements ont été polis par des années d'expérience et codifiés en des schémas de prescription devenus de véritables canons thérapeutiques. Mais aucun n'est constamment efficace et surtout ces traitements ne sont pas dénués d'inconvénients, voire de risque grave. D'autres traitements ont été proposés dans les dernières années, reposant sur une manipulation censée être moins dangereuse du système immunitaire : échanges plasmatiques, IgIV, cyclosporine, danazol, absorption sur colonnes d'immuno-absorption. Dans les formes graves ou résistantes, les traitements agressifs utilisés dans d'autres maladies auto-immunes ont même été préconisés allant jusqu'à la greffe de cellules souches hématopoïétiques. Du point de vue purement symptomatique, la transfusion de sang peut être indiquée quand l'anémie est mal tolérée. Elle se heurte à l'incompatibilité entre les auto-anticorps et la quasi-totalité des produits sanguins disponibles dans les centres de transfusion. Savoir si on traite les AHAI comme il y a 30 ans ou si l'on fait mieux aujourd'hui, c'est ce que nous avons demandé à des spécialistes de terrain.