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Hématologie

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Diagnostic génétique de l’hémochromatose Volume 10, numéro 6, Novembre-Décembre 2004

Auteurs
Laboratoire de génétique moléculaire et hormonologie, CHU Pontchaillou, 2 rue Henri Le Guilloux, 35033 Rennes Cedex 9, UMR 6061 CNRS – Faculté de médecine, 2 av. du Professeur Léon Bernard, 35000 Rennes, Service des maladies du foie, U620, 35000 Rennes

L’hémochromatose classique (HFE1) est connue comme une maladie due à une surcharge ferrique progressive, héréditaire, suivant un modèle autosomal récessif, et affectant des sujets d’origine caucasienne. En Europe du Nord, 90 % des cas sont liés à l’homozygotie, à cause de la mutation C282Y du gène HFE1. Le tableau clinique classique de l’hémochromatose : hyperpigmentation diffuse (mélanodermie), hépatomégalie, diabète et cardiopathies ne sont que rarement observés. La plupart du temps, le diagnostic est suspecté sur des signes plus précoces et des symptômes comme l’asthénie, l’arthropathie, l’élévation du niveau d’aminotransférase et des anomalies biochimiques du métabolisme du fer. La saturation accrue de la transferrine est le test isolé le plus sensible pour la détection phénotypique de la maladie. La découverte du gène HFE1 a permis une puissante analyse de sang liée à la génétique : la présence de la mutation C282Y à l’état homozygote laisse, dans la plupart des cas, établir le diagnostic de manière non invasive (c’est-à-dire sans biopsie du foie). À côté de cette entité classique, plusieurs autres formes rares de surcharge héréditaire du fer ont été décrites : HFE2 ou hémochromatose juvénile, due aux mutations de deux gènes différents, l’hémojuvéline (HFE2A) et l’hepcidine (HFE2B) ; HFE3, liée aux mutations du gène du récepteur 2 de la transferrine (TfR2) ; HFE4, due aux mutations de la ferroportine codant SLC40A1 ; et pour finir une forme héréditaire impliquant le gène H-ferritine.