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Hématologie

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De la vache folle à la transfusion sensée. Le risque de contamination par le prion à travers l’utilisation des produits sanguins labiles Volume 13, numéro 6, Novembre-Décembre 2007

Auteur
Institut national de la transfusion sanguine, 6 rue Alexandre-Cabanel, 75015 Paris, et Laboratoire d’hématologie, place Victor-Pauchet, CHU d’Amiens, 80554, Amiens

La transmission transfusionnelle du prion, agent de la maladie de Creutzfeld-Jakob, est désormais établie. Des sujets infectés par voie alimentaire peuvent donner leur sang et contaminer leurs receveurs. Les deux pays les plus touchés à ce jour par cette épidémie sont le Royaume-Uni et la France. Les premiers cas transfusionnels ont été observés au Royaume-Uni au cours des trois dernières années. En France, quelques sujets ayant développé une maladie de Creutzfeld-Jakob avaient des antécédents de don de sang, laissant présager une contamination chez leurs receveurs, dont certains pourraient se trouver aujourd’hui en phase d’incubation de la maladie. En l’absence de test diagnostique utilisable sur de grandes séries, il est impossible de faire la part de l’étendue de l’épidémie chez les donneurs de sang et chez les transfusés. Cette carence empêche également de recourir à un dépistage spécifique des dons de sang infectés. La prévention repose donc aujourd’hui essentiellement sur un ensemble de mesures d’exclusion de donneurs considérés comme à risque. Le prion étant présent à la fois dans les leucocytes et dans le plasma, la déleucocytation est une mesure insuffisante pour combattre efficacement le risque. Si l’absence d’un test utilisable pour la qualification biologique des dons persiste, des filtres spécifiques du prion, récemment développés, constitueront sans doute un recours. Enfin, si la diffusion de l’épidémie d’origine alimentaire paraît aujourd’hui efficacement contrôlée, l’incertitude est grande sur l’ampleur de la diffusion du prion par voie transfusionnelle.