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Hématologie

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Bases physiopathologiques moléculaires et cellulaires du traitement de la drépanocytose Volume 2, numéro 6, Novembre - Décembre 1996

Auteurs
Pharmacogénétique et abords thérapeutiques des maladies héréditaires (INSERM U. 458) et Centre de la drépanocytose, Hôpital Robert-Debré, 48, boulevard Sérurier, 75019 Paris.

La drépanocytose a été la première maladie moléculaire identifiée en 1949 et sa physiopathologie est bien connue. On est pourtant loin d'un traitement rationnel satisfaisant, même si un pas important a été franchi l'an passé. Pour la première fois un médicament, l'hydroxyurée, était montré réduire la fréquence des crises douloureuses. L'espérance de vie s'est cependant très améliorée grâce à une prise en charge précoce ainsi qu'à la prévention et au traitement des complications. La polymérisation de l'hémoglobine S est le phénomène central, mais les essais menés pendant quatre décennies pour l'inhiber directement, ou provoquer une vasodilatation, se sont tous avérés inefficaces, dangereux ou inutilisables. L'induction pharmacologique de l'hémoglobine foetale (Hb F) est l'approche actuellement la plus étudiée. L'hydroxurée fait partie des agents cytotoxiques qui modifient la cinétique de l'érythropoïèse et favorisent la production de globules rouges exprimant à la fois l'Hb adulte et l'Hb F (cellules F). D'autres effecteurs, dérivés du butyrate ou d'acides gras à chaîne courte, auraient peut-être une action directe sur les promoteurs des gènes foetaux. Prenant avantage de données physiopathologiques nouvelles, l'attention se porte aussi sur des traitements adjuvants visant à corriger les troubles cellulaires ou rhéologiques secondaires. L'expérimentation de nouveaux médicaments est handicapée par l'absence de modèle animal satisfaisant que n'a pas réussi à combler le développement de plusieurs lignées de souris transgéniques. La thérapie génique, ou la correction de la mutation, restent à l'horizon, mais relèvent encore de la recherche fondamentale.