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Hématologie

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Adjonction du daratumumab à l’association lénalidomide et dexaméthasone dans le myélome en rechute ou réfractaire Volume 25, numéro 1, Janvier-Février 2019

L’association du lénalidomide à la dexaméthasone (Rd) est un standard de traitement des patients atteints de myélome multiple réfractaire primaire ou en situation de rechute (MMRR). Cependant, le développement de l’immunothérapie avec notamment un anticorps monoclonal anti-CD38, le daratumumab (D), dans le traitement du myélome multiple en rechute ont conduit les auteurs de cette étude à évaluer l’adjonction du D au Rd (D-Rd) chez des patients atteints de MMRR (étude POLLUX). Ils avaient mis en évidence une augmentation significative de la survie sans progression (SSP) des patients traités par D-Rd [1]. Une actualisation de cette étude avec une analyse spécifique de la maladie résiduelle et de la réponse au sein des différents sous-groupes cliniques a été récemment publiée [2].

Parmi les 569 inclus au sein de l’étude POLLUX, 286 ont été assignés au bras D-Rd et 283 au bras Rd. Avec un suivi médian de 25 mois (0-33), l’association D-Rd augmentait significativement les taux de SSP (respectivement 68 % contre 41 % ; HR : 0,41 ; IC 95 % : 0,31-0,53 ; p < 0,0001) et de réponse globale (respectivement 93 % contre 76 % ; p < 0,0001) en comparaison au Rd. Dans cette actualisation, l’association D-Rd améliorait significativement les taux de SSP et de réponse globale à 24 mois des patients ayant reçu une seule ligne de traitement antérieure ou plus lourdement traité (deux à trois lignes antérieures de traitement). L’association D-Rd permettait aussi l’augmentation significative de ces taux chez les patients de haut risque cytogénétique (respectivement 48 % contre 32 % ; HR : 0,53 ; IC 95 % : 0,25-1,13 ; p = 0,09 pour la SSP ; et 85 % contre 67 % ; p = 0,04 pour la réponse globale).

Les taux de maladie résiduelle négative, évalués en Next Generation Sequencing (seuil utilisé de 10−5 selon les critères de l’International Myeloma Working Group[3]), révélaient un taux significativement supérieur après traitement par l’association D-Rd (26 % contre 6 %, respectivement ; p < 0,000001). Ces résultats se confirmaient pour l’ensemble des sous-groupes de patients, que les patients soient lourdement prétraités (28 % contre 4 %, respectivement ; p < 0,000001), réfractaire au bortezomib (20 % contre 7 %, respectivement ; p = 0,03) ou de haut risque cytogénétique (21 % contre 0 %, respectivement ; p < 0,0009). Enfin, l’association D-Rd améliorait significativement la SSP des patients ayant une maladie résiduelle positive en comparaison au Rd (< 0,001).

Sur le plan de la tolérance, les principaux effets indésirables (≥ 15 %) dans les groupes D-Rd et Rd étaient des toxicités hématologiques, des diarrhées, de l’asthénie, des infections respiratoires, des spasmes et des nausées. Les principaux effets indésirables de grade 3-4 (≥ 5 %) étaient des toxicités hématologiques, des diarrhées, de l’asthénie et des pneumopathies. Plus précisément, 12 % des patients de chaque groupe ont arrêté leur traitement en raison d’un effet indésirable. Enfin, l’adjonction de D à l’association Rd n’impactait pas l’index de qualité de vie (HRQoL) à 25 mois de suivi.

En conclusion, cette étude confirme le gain d’efficacité impressionnant de l’adjonction du D au R-d dans le contexte clinique du MMRR avec un profil de toxicité comparable aux premières données publiées. L’association D-Rd permet notamment l’amélioration significative des taux de SSP, de réponse globale et de maladie résiduelle négative dans tous les sous-groupes de patients étudiés. Cette association thérapeutique doit désormais être considérée comme le standard de traitement en situation de MMRR.

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