John Libbey Eurotext

Hématologie

MENU

Activation du plasminogène et activité protéolytique péricellulaire des leucocytes Volume 2, numéro 5, Septembre - Octobre 1996

Auteur
INSERM U. 143, hôpital de Bicêtre, F-94275 Cedex, Bicêtre.

Les leucocytes constituent l'une des sources les plus importantes de protéolyse péricellulaire et semblent jouer un rôle majeur dans des fonctions aussi diverses que le remodelage de la matrice extracellulaire, la fibrinolyse, l'angiogenèse, la migration cellulaire, l'activation des facteurs de croissance et l'élimination de débris tissulaires. Des sérine-protéinases, telles que les activateurs du plasminogène, l'élastase, la protéinase 3 et la cathepsine G, et des métalloprotéinases (collagénases de type I et de type IV), comptent parmi les protéinases leucocytaires impliquées dans ces phénomènes. L'intensité de la réponse protéolytique des leucocytes est modulée par plusieurs facteurs parmi lesquels la vitesse de sécrétion des enzymes, l'existence de récepteurs cellulaires de surface, et la vitesse d'activation des formes latentes. De ce fait, l'activation des collagénases constitue un mécanisme important de régulation de la protéolyse matricielle et de la migration cellulaire. Aussi, l'activité protéolytique de ces enzymes est d'autant plus efficace qu'elles sont liées à des récepteurs spécifiques, à certaines protéines membranaires, à des cofacteurs ou à des substrats insolubles. Ces divers mécanismes de focalisation de la protéolyse assurent le développement d'une activité protéolytique qui échappe à l'effet des inhibiteurs spécifiques présents dans la phase soluble. Seule la pro-urokinase possède un récepteur spécifique. Les caractéristiques de ce récepteur sont maintenant bien définies ; il est ancré à la membrane cellulaire par l'intermédiaire d'un glycolipide (glycosyl-phosphatidylinositol) absent dans une maladie clonale, l'hémoglobinurie paroxystique nocturne, caractérisée par une hémolyse intravasculaire, une hémoglobinurie et des accidents thrombotiques pouvant être liés à un défaut d'activation du plasminogène. En effet, la liaison de la pro-urokinase à son récepteur membranaire stimule son activité intrinsèque et augmente son efficacité catalytique vis-à-vis du plasminogène lié à des protéines membranaires; la plasmine ainsi formée est responsable non seulement de la dégradation des protéines matricielles mais aussi de l'activation de collagénases et de facteurs de croissance. Des fonctions additionnelles pour le récepteur de l'urokinase ont été décrites récemment; ces fonctions (adhésion cellulaire, transduction du signal, chimiotactisme, etc.) seraient toutes en rapport avec les capacités d'invasion et de migration cellulaire. Au cours de certains états pathologiques, la perturbation de la régulation fine de ces systèmes peut conduire soit à un défaut soit à un excès d'activité protéolytique. Un tel déséquilibre peut provoquer non seulement des modifications pathologiques de la matrice extracellulaire mais également des anomalies dans l'activation de facteurs de croissance et dans la migration cellulaire.