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Dermato Mag

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Imaginons Proust dermatologue ! Volume 7, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2019

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Nous instaurons une nouvelle rubrique : un petit questionnaire explorant quelques « victimes consentantes » bien connues dans le monde de la dermatologie.

Règle du jeu : le même questionnaire sera administré « sans modération » à chaque fois aux dermatologues mis sur la sellette. Néanmoins, ceux-ci auront droit à un joker s’ils ne souhaitent pas répondre à une question et pourront la remplacer par une autre question de leur choix.

Réponses courtes, deuxième degré possible, voire espéré, en tous cas bienveillance assurée !...

Nous inaugurons cette rubrique avec Michel Le Maître, qui a accepté de jouer le cobaye volontaire et de se dévoiler, nous le remercions de sa témérité !

Pour les très jeunes, rappelons que Michel, dermatologue libéral, a été président de la FFFCEDV pendant six ans et président de la SFD pendant deux ans. Il garde une activité de consultation en remplaçant et publie régulièrement dans cette revue : mises au point sur les études et essais cliniques, comptes-rendus d’articles parus dans l’EJD… Il a également été co-organisateur du congrès des JNPD 2019 au Havre.

Qui sera le ou la prochain (e)  interviewé(e) ?...

1) Qu’est-ce qui t’a inoculé le virus de la dermatologie ?

Un professeur de médecine interne ! : « Le Maître, la classification des maladies de peau est un modèle de rigueur. Allez en dermato pour votre prochain stage ». Je n’en suis jamais sorti.

2) Pathologies inflammatoires ou cancérologie ?

L’inflammation est partout, y compris dans le cancer. Alors inflammatoires.

3) Ton défaut préféré ?

Entendre le clapotis d’un « pur malt » quand je le verse dans un verre en cristal.

4) Un grand médecin ?

Celui qui sait dire « je ne sais pas » et qui va chercher de l’aide chez un confrère.

5) Un héros ou une héroïne ?

Une héroïne, comme Uma Thurman dans Kill Bill (ça fait peur non ?!).

6) Une devise, une citation ?

Une phrase que j’ai répétée souvent à mes enfants : « Travaille ! Les poulets rôtis ne tombent pas tout seul du ciel ».

7) Un joli mot d’un patient, une anecdote ?

Histoire vraie. La patiente : « Docteur, j’ai du socialisme dans les cheveux ». MLM : « Ah ! ma pauvre, je pense que ça risque de durer » (c’était en 1981 !).

8) Un domaine où tu t’aventures moins?

Les réseaux sociaux.

9) Ce qui t’agace ? Ce qui t’amuse ?

Les idées reçues m’horripilent. Concevoir un jeu de piste pour mes petits-enfants : je m’en amuse déjà, rien que de l’écrire.

10) Ce qui force ton admiration ?

Un grand maître des échecs, gagnant contre 20 joueurs en simultané.

11) Minimaliste ou baroque ?

Miro me parle plus que Rubens.

12) Direct ou différé ?

Quand je parle : le direct, quand j’écoute : le différé.

13) Course de fond ou sprint ?

La vie est une course de fond. Alors la vie.

14) Ta couleur préférée ?

Le bleu Miro (Cf. question 11 !).

15) Sucré ou salé ?

Le salé… avec mon whisky.

16) Mozart ou Miles Davis ?

Très dur. Je commence par le « Carrefour de L’Odéon » sur France Musique, j’enchaîne avec « Open jazz » d’Alex Duthil.

17) Un joli terme en dermatologie ?

« La rosée sanglante », un oxymore psoriasique, presque le titre d’un film d’épouvante.

18) Botticelli ou Damien Hirst ?

Je n’ai jamais fait de mal à une mouche, donc Botticelli.

19) Capitales européennes ou grands espaces australiens ? Mer ou montagne ?

J’ai aimé toutes les capitales des congrès de l’EADV. Je n’ai jamais vu les kangourous. On ne pose pas la deuxième question à un petit-fils de marin breton !

20) Si c’était à refaire : une autre spécialité, une autre carrière ? (no limit !)

Honnêtement, la dermatologie, telle que je l’ai vécue, m’a apporté tout ce dont je pouvais rêver.

« Hors concours » : la dermatologie en 2050 ?

Elle sera ce que les jeunes dermatologues d’aujourd’hui en feront. Elle vivra s’ils restent des cliniciens, s’ils maitrisent les révolutions thérapeutiques, s’ils participent activement à la vie de notre communauté dermatologique, s’ils ne se renferment pas dans un individualisme stérilisant. Sinon elle deviendra comme le Latin, une spécialité morte.

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