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Bulletin du Cancer

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Oxaliplatine : le premier DACH platine en clinique Volume 84, numéro 6, Juin 1997

Auteurs
Hôpital Paul-Brousse, 12-14, avenue Paul-Vaillant-Couturier, 94804 Villejuif, France.
  • Mots-clés : oxaliplatine, DACH platines.
  • Page(s) : 665-73
  • Année de parution : 1997

L’oxaliplatine est un nouvel analogue du cisplatine, de la famille des DACH (diaminocyclohexane) platines. Des études précliniques récentes confirment que son spectre d’activité cytotoxique diffère de celui du cisplatine : il est à la fois actif sur des lignées sélectionnées pour leur résistance acquise au cisplatine (L1210 CP, KBCP, etc.) et sur des lignées habituellement non sensibles à cet agent antitumoral (HT29, CaCo2). Associé à d’autres cytotoxiques (5FU, SN38-métabolite actif du CPT-11-cisplatine, carboplatine), il produit un effet cytotoxique additif et souvent synergique, démontré in vitro et in vivo sur plusieurs lignées (coliques, mammaires, ovariennes ou épidermoïdes). Sa toxicité limitante est une neuropathie périphérique sensorielle, non identique à celle décrite classiquement avec le cisplatine, plus rapidement réversible. Il n’est pas ototoxique, n’a pas de toxicité rénale et est peu myélotoxique. Plusieurs études de phase II sont déjà disponibles. En monothérapie, il est actif sur les cancers colorectaux réfractaires au 5FU, les cancers ovariens résistants au cisplatine, les cancers bronchiques non à petites cellules et les lymphomes malins non hodgkiniens. Des réponses objectives ont également été observées dans les mélanomes, les gliomes et le cancer du sein et de l’œsophage au cours des phases I. Dans le traitement des cancers colorectaux, l’oxaliplatine associé au 5FU et à l’acide folinique permet d’obtenir une bonne activité antitumorale en première et deuxième ligne de chimiothérapie (taux de réponse : 25 à 65 %) ; les résultats de 2 études de phase III (5FU/acide folinique avec ou sans oxaliplatine) sont en attente. Dans le traitement des cancers de l’ovaire récidivants, voire réfractaires aux autres sels de platine, l’oxaliplatine associé au cisplatine donne un taux de 45 % de réponses objectives. Tous ces résultats expérimentaux et cliniques soulignent l’intérêt du développement de ce nouveau sel de platine. L’oxaliplatine est aujourd’hui un nouvel atout thérapeutique dans le traitement des cancers colorectaux métastatiques. Les résultats de nouvelles études de phase II avec le L-OHP en monothérapie sont en attente. De nouvelles combinaisons avec d’autres agents cytotoxiques sont déjà en cours d’évaluation en phase I, oxaliplatine-CPT-11 et oxaliplatine-carboplatine, et en phase II, oxaliplatine-vinorelbine dans les cancers bronchiques.