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B-lymphocyte differentiation and B-cell lymphomas


Hématologie. Volume 6, Number 5, 345-59, Septembre - Octobre 2000, Revues


Résumé   Summary  

Author(s) : Jean Feuillard, Martine Raphaël, Service d'hématologie biologique, hôpital Avicenne et UPRES EA 1625, université Paris 13, 125, route de Stalingrad, 93009 Bobigny cedex..

Summary : Secondary immune response is elaborated within secondary lymphoid organs. Microanatomy of secondary lymphoid organs showed relationships between B-cell areas and B-cell differentiation. Primary follicles and mantle zone of secondary follicles contain recirculating IgM+ IgD+ resting B-lymphocytes. T-cell dependant humoral response is iniated in T-cell area with formation of B-blast foci. Some of the B-blast migrate into an adjacent primary follicle, expand rapidly and form the germinal centre with its dark zone containing centroblasts ant its light zone containing centrocytes. Centroblastes are submitted to somatic mutations of the variable region of the immunoglobulin genes and isotypic switch, and differentiate into centrocytes. Centrocytes die by apoptosis unless the antigen presented by follicular dendritic cells, positively selects them. Then, centrocytes differenciate in memory B-cell which are located in the marginal zone or in plasma cells. Three phases humoral T-dependant immune response can be recognised: a pre-germinal, a germinal and a post-germinal phase. Current classification systems of B-cell lymphomas tried to systematically make reference to the normal cell counterpart. It is noteworthy that the recognition of the pre-germinal, germinal or post-germinal origin of tumoral B-cell is an important feature. Mantle cell lymphomas are originated from pre-germinal B-cells. Fifty percent of chronic lymphocytic leukemia is derived from a post-germinal B-lymphocyte. Lymphoplasmocytoid and marginal zone lymphomas are derived from a post-germinal B-lymphocyte. Follicular lymphoma and Burkitt's lymphoma are from germinal centres. Most of diffuse large B-cell lymphomas are from a germinal or a post-germinal origin. However, primary mediatinal B-cell lymphoma are probably from a pre-germinal origin. Hodgkin's lymphomas are derived from a B-lymphocyte and correspond to two entities, the Hodgkin's lymphoma with lymphocyte predominance and the "classical Hodgkin's disease". Hodgkin's lymphoma with lymphocyte predominance are originated from a germinal centre B-lymphocyte submitted to antigenic selection. The classical Hodgkin's disease probably derives from a germinal centre B-lymphocyte with a crippling immunoglobulin gene rearrangement that has escaped to apoptosis. These examples highlight the relationships between B-cell differenciation and B-cell lymphomagenesis, which molecular mechanism is probably dependent on the differentiation stage of the non tumoral starting point.

Keywords : differentiation, B-lymphocyte, B-cell lymphoma.

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ARTICLE

Les lymphomes constituent un groupe extrêmement hétérogène de proliférations malignes développées à partir des lymphocytes. Cette hétérogénéité est sans doute un reflet de la complexité des processus normaux de différenciation lymphocytaire au cours de la réponse immune. Plus de dix étapes successives de différenciation peuvent être identifiées pour le lymphocyte B par exemple, depuis la cellule souche médullaire jusqu'au plasmocyte terminal. Certains stades de différenciation impliquent des étapes intra-tissulaires de maturation dans les organes lymphoïdes secondaires et/ou des processus de coopération cellulaire, d'autres correspondent à l'acquisition de capacités de recirculation continue des lymphocytes dans l'organisme. Cette complexité des processus de différenciation lymphocytaire traduit la plasticité du système immunitaire dans sa fonction de veille et sa capacité à répondre à une agression extérieure. La reconnaissance de la contrepartie normale d'une cellule lymphomateuse peut donc s'avérer difficile.

Les systèmes actuels de classification des lymphomes (classification de la Real puis de l'Organisation mondiale de la santé) reposent sur la reconnaissance d'entités pathologiques reproductibles en inter-observateur impliquant la prise en compte des critères cliniques, morphologiques, immunophénotypiques et cytogénétiques de ces tumeurs. L'identification de leur équivalent non tumoral doit être faite chaque fois que cela est possible. Les lymphomes périphériques regroupent tous les processus tumoraux développés à partir d'un lymphocyte B, T ou NK post-médullaire. La caractéristique première des organes lymphoïdes secondaires est l'existence de territoires lymphocytaires T et B facilement identifiables et d'une compartimentation anatomique de la réponse immune B. L'étude des lymphomes Ba donc bénéficié de l'abord anatomopathologique de ces tumeurs lymphocytaires et de l'analyse dynamique de la micro-anatomie des organes lymphoïdes secondaires normaux et de leurs sous-populations cellulaires au cours de la réponse immune.

Correspondances anatomiques

Les organes lymphoïdes secondaires sont le lieu ou s'organise la réponse immune au niveau loco-régional. La réponse immune B dépendante des lymphocytes T est un processus compartimenté. Les territoires lymphocytaires B anatomiquement identifiés sont les follicules primaires, les follicules secondaires et la zone marginale (figure 1 et 2). Les follicules primaires correspondent à des agrégats de lymphocytes B IgD+ IgM+ recirculants enserrés dans le réseau des cellules folliculaires dendritiques (CDF). Les CDF sont des cellules dont les expansions cytoplasmiques forment un réseau au sein duquel se nichent les lymphocytes. La fonction cardinale des CDF est de capter les complexes immuns et de les exposer sous forme native aux récepteurs à l'antigène du lymphocyte B (BCR). Les follicules primaires sont présents dès le 2e trimestre de la vie fœtale chez l'homme et sont caractéristiques des rongeurs élevés en absence d'antigène [1]. Les follicules secondaires sont des structures dérivants des follicules primaires, et sont le témoin d'une réponse immune B secondaire. Les follicules secondaires sont formés d'une couronne folliculaire ou manteau contenant essentiellement des lymphocytes B IgD+ IgM+ recirculants, et d'un centre germinatif. Le centre germinatif est un carrefour décisionnel clé dans le devenir d'un lymphocyte B commis dans la réponse immune secondaire puisque sa vie ou sa mort sont décidés à ce niveau. Le centre germinatif est une structure polarisée formée d'une zone sombre (contenant les centroblastes) et d'une zone claire (contenant les centrocytes). La zone marginale est typiquement située dans la rate à la frontière entre la pulpe blanche et la pulpe rouge, en vis-à-vis de la zone claire du centre germinatif et séparée du manteau par un espace vasculaire appelé sinus marginal. Les territoires équivalents à la zone marginale de la rate sont retrouvés dans tous les organes lymphoïdes secondaires. Ces territoires sont la zone sous-capsulaire jouxtant le follicule secondaire dans les ganglions lymphatiques, la zone localisée sous le dôme épithélial dans les plaques de Peyer, les cryptes épithéliales dans les amygdales. Les territoires lymphocytaires T sont situés entre les follicules primaires et secondaires (zone interfolliculaire) [2].

La production médullaire de lymphocytes B vierges émergents est un processus continu au cours de la vie. La plupart des lymphocytes B vierges émergents entrent dans les zones T des organes lymphoïdes secondaires et/ou dans la pulpe rouge de la rate et plus de 90 % d'entre eux meurent [3]. Les lymphocytes B IgD+ IgM+ recirculants dérivent des lymphocytes B vierges émergents [4]. Il existe un équilibre dynamique entre les compartiments lymphocytaire B vierge émergent et recirculant puisque le taux de conversion des lymphocytes B vierges émergents en lymphocytes B recirculants augmente lorsque le nombre de lymphocytes recirculants est artificiellement diminué et que l'arrêt de la production lymphocytaire médullaire prolonge indéfiniment la durée de vie des lymphocytes recirculants [5].

Le développement d'une réponse immune B primaire T-dépendante est initié dans la zone T interfollicullaire et implique la coopération entre les lymphocytes B IgM+ IgD+ activés par l'antigène, les lymphocytes T et les cellules dendritiques présentatrices de l'antigène. Cette première phase de la réponse immune B correspond à la formation de foyers oligoclonaux de cellules dites « B-blastiques » proliférant et se différenciant rapidement en plasmocytes de courte durée de vie et sécrétant une IgM [6]. Quelques lymphocytes B-blastiques acquièrent la capacité à migrer au sein des folliculaires primaires adjacents, constituent le peuplement fondateur des centres germinatifs et deviennent des centroblastes. Ainsi, les populations lymphocytaires B des foyers B-blastiques et des centres germinatifs adjacents sont clonalement reliées [7, 8].

Les protéines membranaires CD40, ligand du CD40 (CD40L), OX40, ligand de OX40 (OX40L), CD95, TNFRI, LTbetaR, jouent un rôle crucial dans la genèse des centres germinatifs et témoignent de la mise en jeu de nombreux acteurs cellulaires ainsi que de l'importance des récepteurs de la famille du récepteur au TNFalpha. CD95 est impliqué directement dans l'apoptose et est exprimé au niveau des cellules B du centre germinatif (cf. infra). Les mutations inactivatrices de CD95 ou de son ligand sont responsables d'un syndrome lymphoprolifératif non malin caractérisé par une splénomégalie, une lymphadénopathie avec expansion des centres germinatifs, une hypergammaglobulinémie avec présence d'auto-anticorps circulants [9-11]. Après immunisation, les lymphocytes T CD4 prolifèrent au sein des zones interfolliculaires. L'activation lymphocytaire T par les cellules dendritiques présentatrices de l'antigène implique les interactions CD28-CTLA4 et OX40-OX40L. Les souris déficientes pour les molécules CTLA4 et CD28 ne peuvent faire de centre germinatif [12, 13]. L'injection d'anticorps agonistes anti-CD28 dans les souris déficientes pour CTLA4 restore la capacité à former des centres germinatifs. L'activation des cellules T CD4 via le CD28 induit une augmentation de l'expression de la molécule OX40 à leur surface, potentialisant leur capacité à interagir avec les cellules dendritiques via la molécule OX40L. Les lymphocytes T activés expriment le CD40L, permettant l'activation des lymphocytes B via CD40 [14]. Les interactions CD40-CD40 ligand (CD40L ou CD154) entre les lymphocytes B et T dans les zones interfolliculaires des organes lymphoïdes secondaires sont indispensables à la genèse d'une réponse immune B secondaire avec formation de centres germinatifs comme le montrent le syndrome d'immunodéficience lié au chromosome X avec hypergammaglobulinémie IgM caractérisé par des mutations du gène du CD40L chez l'homme, le modèle des souris déficientes pour le CD40 et le traitement des souris par des anticorps dirigé contre le CD40L [15-17]. L'interaction CD40-CD40L augmente l'expression de OX40L à la surface des cellules dendritiques. La costimulation par CD28 et OX40 des lymphocytes T CD4 induit leur migration au sein des centres germinatif et l'expression du récepteur aux chemokines CXCR5 impliqué dans la migration des lymphocytes B dans le centre germinatif [18]. La migration des lymphocytes T CD4 dans le centre germinatif est associé à un profil cytokinique de type Th2 avec sécrétion d'IL-4 [19, 20]. La formation des centres germinatifs implique également des interactions cellulaires entre les lymphocytes B et les cellules folliculaires dendritiques. Les souris déficientes pour le TNFalpha, la lymphotoxine alpha et le TNFRI ne font pas de centre germinatif [21-24]. Des études de complémentation fonctionnelle et de reconstitution du tissu hématopoïétique dans ces modèles de souris ont montré l'importance de l'expression conjointe du TNFalpha, de la lymphotoxine alpha et de l'hétérotrimère LTalpha1beta2 par les lymphocytes B ainsi que du TNFRI et du LTbetaR par les cellules folliculaires dendritiques [25-27].

Trois phases sont reconnues dans le développement d'un centre germinatif. La première phase est une phase d'expansion oligoclonale des centroblastes dérivant des lymphocytes B-blastiques commis dans la réponse immune secondaire. Ces centroblastes prolifèrent de façon exponentielle, forment le centre germinatif en remplissant le réseau des CDF, et repoussent les lymphocytes IgM+ IgD+ recirculants en périphérie lesquels forment alors le manteau ou couronne folliculaire. La deuxième phase correspond à la compartimentation (ou polarisation) du centre germinatif en une zone claire et une zone sombre. La zone sombre contient les centroblastes. Ces cellules sont en cycle continu (l'intervalle de temps séparant deux mitoses est estimé à 6 h) et le maillage des cellules folliculaires dendritiques est lâche. Les centroblastes se différencient en centrocytes lesquels ne prolifèrent plus. Les centrocytes sont destinés à mourir par apoptose à moins qu'ils ne soient sauvés par la rencontre avec l'antigène, antigène présenté par les CDF dont le maillage est plus dense au niveau de la zone claire. Les centrocytes sauvés de l'apoptose se différencient soit en plasmoblastes soit en cellules B mémoires. In vitro, la différenciation des cellules B du centre germinatif en plasmocytes ou en lymphocytes B mémoires peut être obtenue en présence d'interleukine 2 et d'interleukine 10 en absence ou en présence de CD40L respectivement [28]. Les plasmoblastes terminent leur différenciation dans la moelle osseuse ou dans la lamina propria de l'intestin. Les lymphocytes B mémoires s'accumulent dans la zone marginale. Une fraction d'entre eux peut réentrer dans le centre germinatif après une deuxième stimulation antigénique ou recirculer dans l'organisme. La troisième phase correspond à une involution des centres germinatifs avec la persistance de quelques centroblastes au sein du réseau des CDF [29].

Trois phases de la réponse immune B peuvent donc être décrites : une phase précédant l'entrée dans le centre germinatif ou pré-centre germinatif correspondant à l'émergence des lymphocytes B vierges, aux lymphocytes B IgM+ IgD+ recirculants, à l'expansion des lymphocytes B-blastiques dans les zones T interfolliculaires et à la production de plasmocytes sécrétant une IgM, une phase correspondant à la formation des centres germinatifs et à la genèse des centroblastes et des centrocytes ainsi qu'à l'établissement d'une réponse immune B secondaire et une phase post-centre germinatif incluant la différenciation des lymphocytes B mémoires dans la zone marginale et des plasmocytes dans la moelle osseuse et la lamina propria.

Correspondances moléculaires

Les événements précoces de la différenciation lymphocytaire B et T, depuis la cellule souche médullaire jusqu'au lymphocyte vierge périphérique porte une signature moléculaire : le réarrangement des segments codant pour la partie dite « variable » des gènes du récepteur à l'antigène, les gènes des immunoglobulines pour les lymphocytes B, les gènes du TCR pour les lymphocytes T (réarrangement des segments VJ et VDJ codant pour le domaine impliqué dans la reconnaissance de l'antigène). La fonction de ces remaniements géniques est de générer un répertoire aléatoire de spécificités antigéniques dont certaines seront sélectionnées et amplifiées en réponse à l'antigène. Le réarrangement des gènes du récepteur à l'antigène se produit dans la moelle pour les lymphocytes B et dans le thymus pour les lymphocytes T. Ces remaniements géniques sont associés au phénomène d'exclusion allélique, lequel est absolu pour le lymphocyte B, interdisant à la cellule lymphocytaire d'exprimer une double spécificité antigénique. Ainsi, chaque lymphocyte vierge émergent dans le sang est clonal au sens où : (i) il porte la signature moléculaire d'une seule spécificité antigénique de son récepteur à l'antigène, et (ii) tous ses descendants porteront la même signature moléculaire [30]. La rencontre avec l'antigène à ces stades précoces du développement lymphocytaire est interprétée comme le résultat d'un réarrangement dont le produit (i.e. le récepteur à l'antigène) possède une spécificité contre le « soi », et induit la neutralisation de ce lymphocyte « autoréactif ». Trois mécanismes de neutralisation des lymphocytes B sont décrits : 1) l'anergie clonale [31] ; 2) la délétion du clone autoréactif [32] et 3) la correction du récepteur (receptor editing) [33]. Ce dernier phénomène correspond à la genèse de nouveaux réarrangements des segments VDJ et/ou VJ de gènes des immunoglobulines déjà réarrangés, modifiant en profondeur la spécificité antigénique de l'immunoglobuline résultante.

Au plan sérique, la réponse immune B primaire est caractérisée par la sécrétion d'une IgM peu affine pour l'antigène alors que réponse immune B secondaire correspond à une IgG, IgA ou IgE hyperaffine. La réponse immune B secondaire porte une signature moléculaire double : les mutations somatiques et la commutation isotypique. Les mutations somatiques sont un processus de mutations aléatoires des régions variables (segments VDJ et VJ) des gènes des immunoglobulines ayant pour effet de modifier la spécificité de l'immunoglobuline pour l'antigène. Dans ce cadre, les clones lymphocytaires B présentant une immunoglobuline affine pour l'antigène sont sélectionnés positivement par l'antigène. La commutation isotypique aboutit à la sécrétion d'IgG, IgA ou IgE et implique au minimum la délétion du locus Cmu. Ainsi, à l'opposé des événements médullaires précoces de la différenciation lymphocytaire B, la rencontre en périphérie d'un lymphocyte B avec l'antigène promeut sa survie, son expansion et sa différenciation. Les altérations géniques additionnelles du BCR témoignent de l'engagement de la cellule B dans une réponse immune B secondaire.

Le site où s'effectue les remaniements géniques additionnels du BCR en réponse à l'antigène est le centre germinatif. Les mutations somatiques des régions variables des gènes des immunoglobulines apparaissent au stade centroblaste. Ces mutations somatiques peuvent être associées à des événements aléatoires de délétions ou d'insertion de nucléotides. Le phénomène de « correction de récepteur » pourrait également se produire à ce stade de différenciation avec réactivation des gènes RAG [34]. Ces événements géniques ont donc pour effet d'accroître de façon considérable la diversité du répertoire de la population B-blastique oligoclonale fondatrice du centre germinatif. La différenciation du centroblaste en centrocyte est associée à la rencontre de l'antigène présenté à haute concentration sous forme de complexe immun par la CDF. Le centrocyte meurt par apoptose, à moins que son immunoglobuline ne soit capable de reconnaître l'antigène, délivrant alors un signal de survie à la cellule. La différenciation du centrocyte en lymphocyte B mémoire implique ensuite la coopération avec les lymphocyte T CD4+ CD57+ et les cellules dendritiques du centre germinatif [35]. Ainsi, l'achèvement d'une réponse immune B secondaire implique classiquement le passage obligé d'un lymphocyte B par le centre germinatif. Les travaux du groupe de G. Kelsoe suggèrent que le centre germinatif est la seule structure au sein de laquelle prend place le processus de mutations somatiques des gènes des immunoglobulines. En revanche, le processus dit « de maturation par affinité » (affinity maturation) des immunoglobulines, autrement dit de sélection clonale des lymphocytes B par l'antigène se poursuit à stade post-centre germinatif [36]. Cependant, les modèles des souris déficientes pour la lymphotoxine alpha ou pour la kinase lyn ont montré la possibilité d'une réponse immune B secondaire avec présence de mutations somatiques au niveau des gènes des immunoglobulines et augmentation de l'affinité de l'immunoglobuline pour l'antigène [37, 38]. De même, une réponse anticorps avec augmentation de l'affinité de l'immunoglobuline en l'absence de centre germinatif est retrouvée dans les souris transgéniques pour la protéine LMP1 du virus d'Epstein-Barr [39]. Ces modèles posent la question des sites alternatifs extrafolliculaires de maturation des cellules B.

Le passage d'un lymphocyte B est associé à un autre événement génique : les mutations somatiques du gène bcl6. Le gène bcl6 a été cloné à partir des réarrangements du locus 3q27 des lymphomes à grandes cellules [40]. La protéine Bcl6 serait un répresseur transcriptionnel bloquant l'activité transcriptionnelle de STAT6 induite par l'IL-4 [41]. Le modèle des souris homozygotes déficientes pour bcl6 montre que ce gène est indispensable à la genèse des centres germinatif [42, 43]. Bcl6 est exprimée spécifiquement dans les lymphocytes B du centre germinatif [44]. Les mutations du gène bcl6 relèvent du même mécanisme que les mutations des gènes des immunoglobulines. Cependant, il ne semble pas exister de pression de sélection sur ces mutations, lesquelles portent d'ailleurs sur des domaines de la protéine probablement peu important au plan fonctionnel. Ces mutations peuvent porter sur les deux allèles et être hétérozygotes [45].

Le sauvetage du centrocyte de l'apoptose par l'antigène est associé à la commutation isotypique. Cet événement génique est « facultatif » et la majorité des lymphocytes B mémoires de la zone marginale chez l'homme expriment une IgM mais sont IgD­ [46]. Le rôle des cytokines dans la détermination de l'isotype de l'immunoglobuline est sans doute majeur [47]. In vivo, la commutation isotypique dépend de l'environnement cellulaire puisqu'une même spécificité idiotypique peut être associée à une chaîne lourde alpha ou gamma selon que la différenciation lymphocytaire B se produise dans l'intestin ou dans un ganglion lymphatique [48, 49].

Ainsi, alors que le taux de mutations somatiques des gènes des immunoglobulines et de Bcl6 des cellules B pré-centre germinatif est négligeable ou nul ; la quasi-totalité des lymphocytes B du centre germinatif et des lymphocytes B mémoires présentent donc les stigmates moléculaires de la réponse immune B secondaire [45]. Ainsi, l'absence de mutation somatique des gènes des immunoglobulines et du gène bcl6 constitue-t-elle la signature moléculaire d'une cellule B pré-centre germinatif. L'existence de mutations somatiques des gènes des immunoglobulines et du gène bcl6 associée à l'expression de la protéine Bcl6 est la caractéristique des cellules B du centre germinatif. Ce même génotype associé à l'absence de la protéine Bcl6 est le fait des cellules B post-centre germinatif. Le caractère post-centre germinatif d'un lymphocyte B est conforté par la mise en évidence de la délétion du locus Cmu, témoin de la commutation isotypique.

Correspondances immunophénotypiques

La conversion des lymphocytes B vierges émergents en lymphocytes recirculants implique un passage dans les zones T des organes lymphoïdes secondaires ou dans la pulpe rouge de la rate. La nature du signal permettant aux lymphocytes B vierges émergents d'acquérir la capacité à recirculer est mal connue, mais nécessite sans doute une sélection positive du lymphocyte B vierge par un antigène présent à faible dose ou un motif idiotypique d'une immunoglobuline sérique [50], implique le BCR et la tyrosine kinase syk [51] et est associée à l'acquisition du récepteur BLR-1 (Burkitt's lymphoma receptor 1) ou CXCR5 [52]. L'expression du ligand du BLR-1 (BLC pour B-lymphocyte chemokine) est le fait des CDF [18].

L'analyse du sang périphérique permet essentiellement de caractériser le compartiment lymphocytaire B recirculant, autrement dit les lymphocytes B pré-centre germinatif et les lymphocytes B mémoires recirculants (tableau I). L'expression de la molécule CD27 semble pouvoir discriminer ces deux compartiments puisque les cellules B recirculantes de la phase pré-centre germinatif n'expriment pas ce marqueur alors que les cellules B mémoires l'expriment. Le compartiment pré-centre germinatif recirculant peut être divisé en deux sous-compartiments selon l'expression du CD5 (lymphocytes B IgD+ IgM+ CD5+ et lymphocytes B IgD+ IgM+ CD5­). La compartimentation des lymphocytes B mémoires est faite selon l'isotype de l'immunoglobuline de surface. Comme attendu, les lymphocytes B IgG/IgA+ appartiennent au compartiment B post-germinal. De même, la totalité des lymphocytes B IgD­ IgM+ appartiennent à ce compartiment. De façon intéressante, il existe une fraction significative de lymphocytes B IgD+ IgM+ et quelques lymphocytes B IgD+ IgM­ présentant la signature moléculaire des lymphocytes B post-germinals [53, 54].

Les premières caractérisations immunophénotypiques des sous-populations lymphocytaires B dans les organes lymphoïdes secondaires résultent d'études immunohistochimiques. Celles-ci ont donné les premières clés immunophénotypiques pour la purification des lymphocytes B du centre germinatif et les lymphocytes B vierges [55]. Ces études ont culminé avec les travaux du groupe de ICM MacLennan puis avec le groupe de Y.J. Liu. Le groupe de Y.J. Liu a pu mettre en correspondance les différentes étapes de l'immunopoïèse B et le phénotype lymphocytaire B à partir de suspensions lymphocytaires isolées à partir des organes lymphoïdes secondaires [56]. Globalement, les cellules B pré-germinales sont isolées par sélection négative le plus souvent sur la base de leur petite taille (i.e. de forte densité sur gradient de Percoll), et la négativité du marqueur CD38, de l'IgG et de l'IgA de surface et positivité de l'IgD, les cellules B du centre germinatif sont des cellules de plus grande taille (de faible densité sur gradient de Percoll), IgD­, CD39­, et les lymphocytes B mémoires sont des cellules de petite taille CD38­, IgD­ [57].

Cinq stades immunophénotypiques, dits : Bm1 à Bm5 (Bm pour B mature), ont pu être définis initialement, sur la base de l'expression des marqueurs membranaires IgD, IgM, IgG/IgA, CD10, CD20, CD23, CD38, CD39, CD44, CD77, et des marqueurs intracellulaires Ki67 (marqueur de prolifération) et Bcl2 (protéine anti-apoptotique) (tableau I). Les stades Bm1 et Bm2 correspondent aux cellules B pré-germinales et sont caractérisées par l'expression d'une IgD de surface et la négativité du marqueur CD38 et un niveau faible d'expression du CD20. Le marqueur CD23 discrimine les lymphocytes Bm1 CD23­ des Bm2 CD23+, les lymphocytes Bm1 et Bm2. Les lymphocytes Bm1 et Bm2 expriment la protéine Bcl2 et sont négatifs pour le marqueur de prolifération Ki67.

Les cellules B du centre germinatif expriment la protéine Bcl6. De même, l'expression conjointe des marqueurs CD10 et CD38 est caractéristique des lymphocytes B du centre germinatif. Dans la nomenclature de Y.J. Liu, les lymphocytes B du centre germinatif correspondent aux stades Bm3 et Bm4, et sont caractérisés par l'expression du marqueur CD38, les hauts niveaux d'expression du CD20 et la négativité des marqueurs IgD et CD39. Les hauts niveaux d'expression du marqueur CD77 signent le type Bm3. Ils répondent aux centroblastes alors que les centrocytes sont équivalents aux Bm4 n'expriment presque plus la molécule CD77. La protéine Bcl2 n'est pas exprimée dans les types Bm3 et Bm4. Les Bm3 expriment le marqueur de prolifération Ki67 alors que les Bm4 ne l'expriment pas. L'expression membranaire de la molécule proapoptotique FAS (CD95) est retrouvée sur les Bm3 et les Bm4. L'expression de c-Myc est présente uniquement dans les Bm3 (centroblastes) alors que seuls les Bm4 (centrocytes) expriment les molécules proapoptotiques p53 et Bax [56].

Le groupe de Y.J. Liu a identifié également un sous-type lymphocytaire B caractérisé par la coexpression des marqueurs IgD et CD38 et par la négativité du marqueur CD23. L'expression de l'IgM de surface permet de reconnaître le sous-type Bm2' (IgM+) du sous-type Bm3delta (IgM­). Le sous-type Bm2' est assimilé aux cellules B fondatrices du centre germinatif. Le sous-type Bm3delta CD38+, IgD+, IgM­, CD23­, correspond à des centroblastes, a le stigmate moléculaire d'un événement de commutation isotypique de type Cmu-Cdelta, présente la particularité d'accumuler les mutations somatiques à haute fréquence et peut se différencier in vitro en plasmocytes IgD+. Ces mêmes plasmocytes IgD+ sont retrouvés dans l'amygdale aux niveau des cryptes épithéliales [58, 59].

Le type Bm5 (cellule B mémoire) est reconnu sur le caractère IgD­ CD38­ CD77­, est négatif pour le marqueur Ki67 et positif pour la protéine Bcl2 et exprime la molécule CD27. Les cellules B mémoires apparaissent également plus faiblement positives pour le marqueur CD20 que les cellules B du centre germinatif.

La capacité à excréter une immunoglobuline est le fait des plasmocytes. L'engagement dans la différenciation plasmocytaire est associé à la diminution puis la perte d'expression de l'immunoglobuline à la surface de la membrane plasmique, laquelle peut alors être détectée en intracytoplasmique. La différenciation plasmocytaire est également associée à la perte d'expression membranaire de la structure de transduction du signal du BCR, le complexe CD79. La chaîne beta du CD79 est indétectable au stade plasmocyte. La chaîne alpha du CD79 peut être détectée en intracytoplasmique dans certains plasmocytes [60] mais son expression cesse en principe au stade terminal de différenciation plasmocytaire [61]. L'expression des autres marqueurs du lignage lymphocytaire B comme CD19, CD20, CD22 décroît jusqu'à devenir indétectable. De même, il y a perte d'expression de la molécule CD45. L'acquisition du marqueur CD138 (syndécan-1) et la réexpression de la molécule CD38 sont associées à la différenciation plasmocytaire [62].

Ainsi, les cellules B pré-centre germinatif apparaissent en règle IgM+ IgD+, CD10­, CD38­, Bcl2+, Bcl6­. Mais une fraction minoritaire du contingent lymphocytaire B IgD+ présente des mutations somatiques des gènes des immunoglobulines, indiquant leur origine post-germinale. Les cellules B du centre germinatif sont CD10+, CD38+, Bcl6+. Le niveau d'expression du marqueur membranaire CD77 permet de reconnaître les centroblastes des centrocytes. Les lymphocytes B mémoires sont CD10­, CD27+, CD38­, Bcl2+, Bcl6­. L'expression d'une immunoglobuline commutée n'est pas constante mais rend certain le caractère post- centre germinatif de la cellule B. Les cellules plasmocytaires n'expriment plus les marqueurs de lignage B, sont CD45­, CD10­, CD38+, CD138+ et excrètent une immunoglobuline qui est détectable en intra-cytoplasmique. Ce phénotype est commun aux plasmocytes IgM pré et post-centre germinatif. Cependant, l'analyse immunophénotypique des compartiments lymphocytaires B chez l'homme suggère que l'absence complète d'expression de l'IgD est associé au stade post-centre germinatif.

Différenciation lymphocytaire B et lymphomes B

La classification actuelle des lymphomes définie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) consiste en un recensement d'entités (tableau II) et dérive directement de la classification Real [63, 64]. Ces entités sont définies par la combinaison de toutes les informations disponibles incluant les données cliniques, morphologiques, immunophénotypiques et cytogénétiques, et doivent faire référence à la contrepartie normale chaque fois que cela est possible. Les lymphomes B, T et NK constituent les trois grandes classes de lymphome. Parmi l'ensemble des lymphomes B recensés dans la classification de l'OMS, seuls les lymphomes lymphoblastiques, les lymphomes du manteau et un sous-groupe de leucémies lymphoïdes chroniques B ont pour équivalent non tumoral un lymphocyte B pré-centre germinatif (i.e. absence de mutations somatiques des gènes des immunoglobulines), soulignant le rôle potentiel de la sélection par l'antigène dans la lymphomagenèse (voir ci-après).

L'analyse des anomalies cytogénétiques des lymphomes rapportée à la différenciation lymphocytaire B est indicative des mécanismes de lymphomagenèse comme le suggère les trois exemples classiques des lymphomes folliculaires, des lymphomes de Burkitt et des lymphomes du manteau. Le lymphome folliculaire est indubitablement reconnu comme dérivant d'un lymphocyte B du centre germinatif tant du point de vue morphologique qu'immunophénotypique. La translocation t(14;18) caractéristique de ce lymphome et dont la conséquence est la sur-expression de la protéine antiapoptotique Bcl2 [65] doit alors conférer un avantage décisif au centrocyte dont la probabilité de mourir physiologiquement par apoptose est supérieure à 90 %. Le lymphome de Burkitt dérive d'un centroblaste, cellule B proliférant à très haute vitesse. La sur-expression physiologique de la protéine c-Myc au stade centroblaste implique la dérégulation de l'expression des protéines E2F et la promotion de la transition G1/S. Dans le lymphome de Burkitt, la sur-expression de la protéine c-Myc est forcée par le réarrangement du gène c-myc [66, 67]. L'immunophénotype du lymphome du manteau, caractérisé par l'expression de la molécule CD5, d'une IgM et d'une IgD membranaire correspond à celui d'un sous-type lymphocytaire B recirculant en phase G0 et au stade pré-germinal. La remise en cycle d'une cellule B quiescente en rapport avec la sur-expression de la cycline D1 consécutivement à la translocation t(11;14) [68] pourrait constituer une étape majeure dans la genèse de ce type de lymphome. Ces trois exemples indiquent que la séquence initiale des événements géniques aboutissant à la constitution d'une entité tumorale B définie est sans doute étroitement reliée au point de départ, autrement dit à son équivalent non tumoral.

Alors que les lymphomes du manteau correspondent à un stade pré-centre germinatif de part leur profil immunophénotypique et l'absence de mutations somatiques des gènes des Ig et du gène bcl6 [69], l'entité leucémie lymphoïde chronique B constitue un ensemble hétérogène recouvrant au moins deux sous-groupes. Les travaux de Hamblin et al. [70] et Damle et al. [71] publiés récemment montrent que les mutations somatiques des gènes des immunoglobulines sont retrouvées dans 50 % des leucémies lymphoïdes chroniques B. De plus, la présence ou l'absence de telles mutations somatiques est corrélée au pronostic favorable ou défavorable de la maladie. L'étude systématique des mutations de bcl6 dans les lymphomes indiquent un taux de mutation de 30 % pour la leucémie lymphoïde chronique [69]. Les mutations du gène Bcl6 pourraient être dissociées de celles des gènes des immunoglobulines dans la leucémie lymphoïde chronique [72]. Ces données suggèrent que, dans ce modèle pathologique, les mécanismes moléculaires conduisant à l'apparition des mutations des gènes des Ig et de bcl6 puissent être dissociés. La leucémie à prolymphocytes semble en revanche d'origine « post-centre germinatif ». De ce point de vue, l'identification de leucémies à prolymphocytes d'origine post-centre germinatif germinale exprimant une IgM et une IgD [73] est un exemple tout à fait indicatif de tumeurs dérivant d'un compartiment lymphocytaire B mémoire IgM+ IgD+ physiologique tel qu'il a pu être décrit.

La fréquence des mutations du gène bcl6 est de 30 à 40 % dans les lymphomes dérivés d'un lymphocyte B mémoire, incluant les lymphomes du Malt, les lymphomes de la zone marginale de la rate (dont la phase leucémique correspond sans doute aux lymphomes à lymphocytes villeux de la rate), et aux lymphomes monocytoïdes de la zone marginale des ganglions [69]. Ces lymphomes présentent un taux élevé de mutations somatiques au niveau des régions variables des gènes des immunoglobulines. Ces syndromes lymphoprolifératifs B expriment le plus souvent une IgM de surface mais sont en principe négatifs pour l'IgD et peuvent présenter des aspects morphologiques suggérant un engagement partiel dans la différenciation plasmocytaire, posant la question des interpolations avec les lymphomes lymphoplasmocytaires. Le taux de mutations du gène blc6 dans les lymphomes lymphoplasmocytaires, auxquels est rattaché la maladie de Waldenström, est comparable à celui des lymphomes de la zone marginale [69]. La maladie de Waldentröm est le fait d'une population clonale B cytologiquement hétérogène composée d'un mélange en proportion variable de petits lymphocytes murs, de cellules lymphoplasmocytaires et de plasmocytes murs. L'isolement et la culture des cellules B clonales du sang montre une capacité à se différencier spontanément en plasmocytes en absence d'IL-6 [74]. L'analyse des séquences VDJ indique une origine post-germinale constante [75]. L'existence de délétions du segment Smu suggère l'existence passée d'un événement de commutation isotypique [76]. Le virus HHV8 est directement associé aux lymphomes primitifs des séreuses dont l'analyse phénotypique suggère que l'équivalent non tumoral serait une cellule B au stade quasi terminal de différenciation plasmocytaire, objectivé par l'expression quasi constante du marqueur CD138 et la perte de l'expression des marqueurs lymphocytaires B [77].

La caractérisation du réarrangement 3q27 des lymphomes diffus à grandes cellules et le clonage du gène blc6 a été une étape majeure dans l'analyse de ce type de proliférations [40, 78, 79]. En effet, il est clair, comme cela a déjà été mentionné, que l'expression de la protéine Bcl6 permet de rattacher la cellule tumorale aux lymphocytes B du centre germinatif. La découverte des mutations somatiques dans les cellules B du centre germinatif a ajouté un outil moléculaire supplémentaire dans l'analyse de ces lymphomes. La fréquence cumulée des réarrangements et/ou des mutations du gène bcl6 est approximativement de 90 % dans les lymphomes diffus à grandes cellules chez les sujets immunocompétants et de 60 % chez les sujets infectés par le VIH [80, 81]. Cette catégorie de lymphomes, bien que certainement hétérogène, n'est pas démembrée par la classification de l'OMS. L'étude de l'expression des molécules Bcl6 et CD138 pourrait aider à reconnaître les aspects centroblastiques (Bcl6+ CD138­) des aspects immunoblastiques (Bcl6­ CD138+), ces derniers pouvant être de plus mauvais pronostic [64]. Une entité particulière est cependant reconnue, les lymphomes B diffus du médiastin. Ces lymphomes B agressifs sont de volumineuses tumeurs médiatinales non cloisonnées, denses, parsemées de zone de nécrose et associées à de la fibrose. Ces lymphomes s'opposent aux autres lymphomes à grandes cellules par l'absence constante de mutations ou de réarrangement du gène bcl6 conjointement à l'absence d'expression de la protéine Bcl6 [69]. Ces données montrent que les lymphomes B diffus du médiastin ont une origine différente des autres lymphomes B à grandes cellules, et pourraient dériver d'un lymphocyte B pré-centre germinatif résidant dans le thymus. Ces lymphomes impliquent le gène MAL [82].

Lymphomes B et réponse à l'antigène

La grande fréquence des mutations somatiques des gènes des immunoglobulines au sein des lymphomes suggère que la réponse à l'antigène puisse contribuer à l'émergence d'une population clonale. Le modèle récemment développé des souris transgéniques pour la protéine LMP2a du virus d'Esptein-Barr montre l'importance des voies de transduction de signal mis en jeu par le BCR dans la survie du lymphocyte B. La protéine LMP2a piège les protéines kinase syk et lyn grâce à ces motifs Itam et inhibe la transduction de signal via le BCR. Dans le même temps, LMP2a induit l'activation continue de ces protéines kinase [83]. L'analyse des souris transgéniques pour la protéine LMP2a et leur croisement avec les souris déficientes pour les protéines RAG a montré que LMP2a délivre un signal de survie permettant à la cellule B d'échapper à la mort quel que soit le stade de différenciation [84, 85]. Le réservoir de l'EBV est le lymphocyte B mémoire, et l'expression du génome viral est alors restreinte à la seule protéine LMP2a. Ces données montrent comment le virus détourne la voie de transduction de signal du BCR pour assurer la survie du lymphocyte B.

Un exemple de la mise en jeu continue du BCR dans la pathogénie d'une prolifération lymphomateuse B est l'expression fréquente d'une immunoglobuline polyréactive avec acitivité auto-anticorps dans la LLC B, expliquant en partie le processus d'accumulation des lymphocytes B tumoraux [86]. Une publication très intéressante de D. Friedman et al. portant sur un cas de lymphome lymphoplasmocytaire pour lequel l'immunoglobuline IgM présentait une activité auto-anticorps dirigée contre l'antigène Pr2 du globule rouge a montré que l'évolution vers la transformation était associée à un processus de maturation par affinité de l'immunoglobuline avec accumulation de mutations somatiques au sein des régions variables [87]. Le rôle de l'antigène est suggéré chez les patients porteurs d'une cryoglobulinémie mixte de type II, laquelle correspond à une expansion monoclonale B. L'association avec le virus de l'hépatite C est fréquente. L'évolution peut conduire parfois une prolifération lymphoplasmocytaire [88]. L'analyse des séquences des gènes des immunoglobulines suggère un processus de maturation par affinité de l'immunoglobuline avec restriction du répertoire B [89]. Le traitement de l'infection VHC par interféron alpha a pu conduire à la régression du syndrome lymphoprolifératif B et de la cryoglobulinémie [90]. Cependant, la contribution réelle de la diminution de la charge virale à la régression tumorale est difficile à évaluer puisque l'interféron alpha peut également avoir une activité anti-tumorale directe comme cela a été montré pour les patients atteints de tricholeucémie. La pathogénie des lymphomes du Malt gastrique est exemplaire puisque l'antigène responsable de l'émergence d'une population clonale B est le pathogène Helicobacter pylori présent dans la muqueuse gastrique. Un traitement antibiotique adapté conduisant à l'éradication du pathogène peut conduire à la régression de la tumeur [91]. Ces lymphomes sont associés à la translocation de l'oncogène bcl10 [92]. Bien que les données publiées soient controversées [93, 94], les mutations inactivatrices du gène bcl10 pourraient contribuer au développement d'une prolifération maligne B et seraient associées à la résistance des lymphomes du Malt gastrique à la thérapeutique [95].

Le lymphome folliculaire illustre bien la problématique entre stimulation antigénique et anomalies cytogénétiques dans l'émergence et l'évolution d'une population clonale tumorale. Ce groupe d'hémopathies malignes B est caractérisé, comme cela a été indiqué, par la sur-expression de la protéine Bcl2. Le réarrangement du gène bcl2 a pu être détecté au sein de tissus lymphoïdes hyperplasiques et au sein des précurseurs lymphocytaires B médullaires [96, 97]. La sur-expression du gène bcl-2 sous contrôle du promoteur des immunoglobulines dans les souris transgéniques induit une hyperplasie du compartiment lymphocytaire B sans lymphome [98]. Les gènes des immunoglobulines sont constamment mutés dans ces lymphomes. Une étude rapportant l'analyse des séquences des gènes des immunoglobulines dans le lymphome folliculaire a montré l'existence de variations intraclonales, et a suggéré l'existence d'une pression de sélection favorisant le maintien de l'intégrité du gène des immunoglobulines [99]. Cependant, une étude récente portant sur l'étude de 30 lymphomes folliculaires a suggéré que le processus de sélection clonale au sein de la tumeur puisse être indépendant de l'antigène, et correspondait plus vraisemblablement à l'émergence de clones ayant un avantage prolifératif [100]. L'évolution vers la transformation est associé à l'apparition d'anomalies cytogénétiques secondaires pouvant associer les mutations de p53 et/ou la dérégulation de l'expression de l'oncogène myc [101]. Ces données sont sans doute à mettre en relation avec le modèle des souris transgéniques pour le gène Bcl2, puisque l'apparition d'un lymphome chez ces animaux est toujours tardive et est associée au réarrangement de l'oncogène c-myc [102].

Lymphomes de Burkitt et virus d'Epstein-Barr

Le lymphome de Burkitt est une entité pathologique caractérisée par ses aspects morphologiques, son profil immunophénotypique et les anomalies cytogénétiques. La mise en évidence de la translocation impliquant le locus 8q24 avec celui du gène des immunoglobulines (chaîne lourde ou chaîne légère) est spécifique de ce type de tumeur, et le réarrangement de l'oncogène c-myc est considéré comme l'événement transformant initial [103].

Trois grands tableaux cliniques correspondent au lymphome de Burkitt [104]. Le premier est celui des lymphomes de Burkitt des patients originaires des zones d'endémie palustre (dit Burkitt endémique). Ces lymphomes sont les tumeurs les plus fréquentes chez les enfants, et touchent le plus souvent le massif facial de façon isolée. Dans ce cas, l'association à l'EBV est constante. Le deuxième tableau est celui des lymphomes de Burkitt des sujets caucasiens dont la fréquence est plus rare (Burkitt dit sporadique). Les tumeurs sont plus volontiers de localisation abdominale profonde, associées à un syndrome tumoral cliniquement bruyant avec une atteinte médullaire plus fréquente. L'association avec l'EBV est plus inconstante puisque retrouvée dans 20 % des cas. Le troisième tableau clinique est celui des lymphomes de Burkitt survenant au décours de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Les patients sont le plus souvent des adultes jeunes. Le mode de présentation clinique est en général comparable à celui des lymphomes sporadiques et l'association à l'EBV est plus fréquente, mais dépend du statut immunitaire [105, 106]. Deux grands cadres ont été identifiés, celui des lymphomes de Burkitt dit « typiques », dont la morphologie et l'immunophénotype sont comparables à celui des lymphomes de Burkitt des sujets immunocompétants, et les lymphomes de Burkitt dit « variants » correspondant à des proliférations lymphomateuses caractérisée par un spectre morphologique où les cellules de type Burkitt sont mêlées à des cellules engagées vers la différenciation plasmocytaire et immunoblastique. Alors que l'EBV est retrouvé associé à 40 % des lymphomes de Burkitt typiques du sujet infecté par le VIH (fréquence supérieure à celle des lymphomes de Burkitt sporadiques), plus de 80 % des lymphomes de Burkitt atypiques avec différenciation immunoblastique et plasmocytaire sont associés à ce virus [105, 106].

La différence importante des fréquences d'association entre l'EBV et les lymphomes de Burkitt typiques et variants, tous deux caractérisés par le réarrangement de l'oncogène c-myc (considéré comme l'événement génique causal initial) illustre parfaitement la problématique du rôle de l'EBV. Ce virus est-il un cofacteur facilitant l'émergence d'un clone tumoral ? ; est-il co-sélectionné avec le clone tumoral ? ; précède-t-il ou est-il postérieur aux accidents géniques ? ; influence-t-il directement le morphotype tumoral ? ; joue-t-il un rôle dans le contrôle du cycle cellulaire et de l'apoptose ? Un élément de réponse est donné par une publication du groupe de I. Magrath, montrant l'existence de variations intraclonales de l'EBV, des mutations et de p53 au sein de lignées de Burkitt dérivées de tumeurs provenant de patients infectés par le VIH alors que les mutations de Bcl6 et le réarrangement de c-myc étaient clonaux, suggérant donc une hiérarchie dans la séquence des événements oncogéniques telle que l'infection par l'EBV ne soit qu'un événement tardif dans la genèse des lymphomes de Burkitt [107].

In vitro, l'immortalisation des lymphocytes B quiescents induit la formation des lignées lymphoblastoïdes correspondant à des lymphocytes bloqués au stade de différenciation B-blastique pré-germinal [108]. L'infection in vitro des cellules de lymphome de Burkitt EBV­ par l'EBV (modèle développé par le groupe de G. Lenoir [109]) est associée à un engagement dans la différenciation plasmocytaire des cellules traduisant une évolution vers un stade post-centre germinatif dont la diminution de l'expression de Bcl6 est un témoin (S. Camilieri-Broët, en préparation). Les conséquences de l'association à l'EBV dans la physiopathogénie de la prolifération tumorale semblent donc dépendantes du stade de différenciation de la cellule B tumorale infectée. Chez la souris, le réarrangement du gène c-myc est constamment associé aux plasmocytomes [67]. Les anomalies cytogénétiques complexes impliquant le locus c-myc et la sur-expression de la protéine c-Myc sont parmi les plus fréquentes dans les myélomes chez l'homme [110]. Ces données suggèrent que la sur-expression de c-myc peut conférer à la cellule B tumorale un potentiel de différenciation plasmocytaire, lequel s'exprimerait en fonction de l'environnement tumoral et/ou du contexte viral.

Maladie de Hodgkin ou lymphome hodgkinien

L'utilisation des techniques de microdissection unicellulaire à partir de coupes de tissu combinée à l'analyse moléculaire du réarrangement des gènes des immunoglobulines a montré que les cellules de Reed-Sternberg sont des cellules B clonales [111-113]. La maladie de Hodgkin est logiquement identifiée comme un lymphome. Cependant la classification OMS s'abstient de donner des recommandations entre la terminologie historique « maladie de Hodgkin » et la terminologie recommandée par les pathologistes « lymphome hodgkinien ». Les lymphomes hodgkiniens recouvrent deux entités clairement différentes : les lymphomes hodgkiniens à prédominance lymphocytaire et la maladie de Hodgkin « classique » [64].

Les lymphomes hodgkiniens à prédominance lymphocytaire dans leur forme nodulaire correspondent au paragranulome de Poppema et sont actuellement considérés comme des lymphomes B indolents. Les cellules tumorales de grande taille avec un noyau clair, polylobé (cellule pop corn) sont dispersées au sein des follicules remaniés, avec une désorganisation du réseau des CDF et une infiltration par les lymphocytes IgD+ de la couronne folliculaire (aspect de transformation progressive du centre germinatif). Les cellules tumorales expriment les marqueurs CD20 et CD45. Le marqueur CD30 est rarement exprimé par ces cellules et le marqueur CD15 est constamment négatif. L'analyse moléculaire des gènes des immunoglobulines a montré la présence de mutations somatiques avec maintien de l'intégrité du gène et a mis en évidence une diversité intraclonale des cellules tumorales suggérant l'existence d'un processus de sélection positive par l'antigène [114]. Les cellules tumorales des lymphomes hodgkiniens à prédominance lymphocytaire expriment la protéine Bcl6 mais sont négatifs pour le marqueur CD138 [115]. Ces données indiquent que la cellule tumorale des lymphomes hodgkiniens à prédominance lymphocytaire dériverait d'un lymphocyte B du centre germinatif soumis au processus de mutations somatiques et sélectionné positivement par l'antigène [114]. Ces lymphomes ne sont jamais associés à l'EBV.

La maladie de Hodgkin « classique » recouvre les types histologiques scléronodulaire et à cellularité mixte. La fréquence de l'EBV est de 30 à 60 %. La cellule de Reed-Sternberg exprime les marqueurs CD15 et CD30. Le marqueur CD45 est négatif. Le marqueur CD20 est inconstant et hétérogène d'une cellule à l'autre. Les cellules de Reed-Sternberg présentent un taux élevé de mutations somatiques des gènes des immunoglobulines. Ces mutations somatiques sont non fonctionnelles, indiquant que la cellule de Reed-Sternberg dérive d'un lymphocyte B du centre germinatif anormalement rescapé de la mort par apoptose [114]. L'infection par l'EBV pourrait constituer une modalité d'échappement à l'apoptose d'une cellule B possédant des mutations avec perte d'intégrité des gènes des immunoglobulines. L'expression de la protéine Bcl6 et du marqueur CD138 est variable et dépend des interactions CD40-CD40 ligand (CD40L) entre la cellules de Reed-Sternberg et les lymphocytes T de l'environnement tumoral ou de l'expression de la protéine de latence LMP1 de l'EBV. In vitro, la stimulation des lymphocytes B via la molécule CD40 ou l'expression de la protéine LMP1 (qui mime l'interaction CD40-CD40L) inhibe l'expression de la protéine Bcl6. Chez les sujets immunocompétants, l'expression du marqueur CD138 est retrouvée dans les cellules de Reed-Sternberg entouré d'une rosette de lymphocytes T CD4 exprimant CD40L. Ces cellules de Reed-Sternberg n'expriment pas la protéine Bcl6. Les cellules de Reed-Sternberg ne possédant pas de rosette de lymphocyte T sont Bcl6+ CD138­ [116]. Les cellules de Reed-Sternberg infectées par l'EBV ne possèdent pas de rosette de lymphocytes T mais expriment la protéine LMP1 et sont Bcl6­ CD138+ [117]. Ainsi, les cellules de Reed-Sternberg semblent dériver initialement d'un lymphocyte B du centre germinatif rescapé de l'apoptose malgré le caractère non fonctionnel des mutations somatiques des gènes des immunoglobulines [114]. L'environnement ou le contexte viral pourrait promouvoir la cellule tumorale à un stade de différenciation post-centre germinatif.

CONCLUSION

Le développement des techniques cellulaires, immunologiques et moléculaires, l'introduction des techniques de microdissection ont fait profondément évoluer l'analyse des lymphomes B. La classification des lymphomes renvoie constamment à la différenciation lymphocytaire normale. La compréhension de la dynamique de la réponse immune B et de ses rapports avec la micro-anatomie des organes lymphoïdes secondaires est le contrepoint obligatoire de l'analyse des lymphomes B. Un avenir des classifications des lymphomes sera peut-être dessiné par l'introduction des techniques de cDNA-array et de CGH-array. Ces nouvelles techniques permettent l'analyse conjointe de milliers de gènes différents en une seule étape. Les premiers résultats obtenus par la technique de cDNA-array dans le domaine des lymphomes porte sur l'étude des lymphomes B à grandes cellules [118]. L'analyse et l'interprétation des résultats ont montré la nécessité d'un référent non tumoral puisque les auteurs ont pu montrer que les profils d'expression des gènes (transcriptome) des lymphomes diffus à grandes cellules pouvaient être regroupés en deux catégories, ceux dont le transcriptome est proche de celui des lymphocytes B du centre germinatif et ceux dont le transcriptome est proche d'un lymphocyte B activé via la molécule CD40 ou le BCR. L'intérêt manifeste de ce regroupement est que le pronostic est différent dans les deux groupes. Ces premières données de transcriptome montrent toute l'importance du référentiel théorique qu'est la réponse immune dans l'analyse des lymphomes et suggèrent que l'étude du transcriptome des sous-populations lymphocytaires B non tumorales constituera une étape clé dans la classification des lymphomes B à l'aide de ces nouvelles techniques

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