ARTICLE
pnv.2011.0301
Auteur(s) : Jean-Philippe Cottier1,,2,3 cottier@med.univ-tours.fr,
Myriam Edjlali1, Marie-Agnès
Gaillard1,3, Florence Domengie, Ali Aljishi1, Xavier Casals1, Denis Herbreteau1,3, Caroline Hommet2,3,4
1 Service de neuroradiologie, CHRU de Tours
2 UMR Inserm U 930, Tours
3 Université François Rabelais, Tours
4 Service de médecine interne gériatrique et CMRR
Centre, CHRU de Tours
Tirés à part
Points clés
- •. Une importante réduction de la densité vasculaire a
été notée au niveau des zones de leucoaraïose visible en
hypersignal sur les séries IRM pondérées en T2, mais également au
niveau de la substance grise et de la substance blanche de ces
sujets en dehors des anomalies figurées à l’IRM.
- •. L’amélioration des techniques d’imagerie notamment
IRM et de son accessibilité, a permis d’identifier la présence
d’infarctus silencieux chez environ 20 % des personnes âgées
sans antécédent d’accident neurologique ischémique connu.
- •. L’angiopathie amyloïde et la lipohyalinose sont
associées à une perte des fibres musculaires lisses, à une
diminution de la vasoréactivité et à une rupture de la barrière
hémato-encéphalique conduisant aux microsaignements, mais également
à des lésions de leucoaraïose.
- •. Les microsaignements occultes, corrélés avec le
risque de survenue de phénomènes hémorragiques, sont détectables
avec les séquences IRM pondérées en T2 écho de gradient.
- •. La leucoaraïose pourrait être la traduction en
imagerie d’une interruption de réseaux corticaux et sous-corticaux
qui jouent un rôle clé dans le fonctionnement cognitif.
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est reconnue
actuellement comme la modalité d’exploration incontournable du
parenchyme cérébral. Chez les sujets âgés, elle met très
fréquemment en évidence des anomalies de signal au sein de la
substance blanche ou du cortex [1]. Ces anomalies de signal sont
aujourd’hui rapportées à une pathologie dégénérative des petits
vaisseaux cérébraux qui partage comme facteur de risques principaux
l’âge et l’hypertension artérielle [2]. Cette atteinte de la
microvascularisation cérébrale peut se manifester sous une forme
ischémique (leucoaraïose, lacunes et foyers ischémiques) ou sur un
versant hémorragique (microsaignements et hématomes). Si la
signification et le pronostic exacts de ces anomalies de signal en
IRM font encore débat, elles sont bien reconnues comme l’expression
radiologique d’une microangiopathie cérébrale qui doit être prise
en compte tant comme un marqueur de la pathologie vasculaire
cérébrale que dans l’interprétation de certains symptômes
neurologiques ou de troubles cognitifs et/ou affectifs.
Distribution cérébrale des petites artères
Les petites artères correspondent aux branches distales des
artères corticales ou à des branches perforantes naissant des
segments proximaux et cisternaux des artères du polygone de Willis.
Les branches distales des artères corticales se répartissent en
artères à destinée lepto-méningée, en artères perforantes courtes,
qui alimentent le cortex et la substance blanche sous-corticale, et
en artères perforantes longues qui pénètrent dans le parenchyme
cérébral pour alimenter la substance blanche profonde, jusqu’à la
région périventriculaire (figure 1). Les
artères perforantes qui naissent du premier segment des artères
cérébrales moyennes pénètrent le cerveau et alimentent la région
des noyaux gris centraux. Ces petites artères, appelées artères
lenticulo-striées, sont particulièrement nombreuses dans les
régions adjacentes au chiasma optique et dans la région autour des
pédoncules cérébraux. De même, de petites branches perforantes
naissent de l’artère basilaire et ses branches pour nourrir le
tronc cérébral et les hémisphères cérébelleux [3].
Les lésions d’artériolosclérose liées à l’HTA siègent
préférentiellement sur les artères perforantes corticales longues,
les artères lenticulo-striées et les perforantes de l’artère
basilaire, alors que l’angiopathie amyloïde touche les artères
leptoméningées et les artères perforantes courtes. La connaissance
de cette distribution lésionnelle sur le réseau des petites artères
permet de mieux comprendre la topographie et le type des lésions
observées en imagerie.
Maladie des petits vaisseaux et phénomènes ischémiques
La leucoaraïose
La leucoaraïose (LA), du grec leuko, blanc, et
araiosis, raréfaction, est un terme radiologique proposé par
Hachinski en 1986 pour décrire des anomalies de la substance
blanche (SB) qui se traduisent par une hypodensité diffuse mal
limitée en tomodensitométrie et par un hypersignal sur les
séquences IRM pondérées en T2 [4]. L’IRM est beaucoup plus sensible
que le scanner pour détecter des anomalies de la SB (figure 2). Si la
définition radiologique est précise, elle ne suppose pas
d’hypothèse diagnostique ou étiologique.
Anatomopathologie
Ces anomalies de signal IRM correspondent sur le plan
histopathologique à différentes lésions : démyélinisation,
perte de cellules gliales (spécialement des oligodendrocytes),
axonopathie avec apoptose et vacuolisation conduisant à la
spongiose, et dilatation des espaces périvasculaires [5, 6].
La plupart des schémas pathogéniques attribuent la LA à une
insuffisance d’apport sanguin dans la SB profonde, liées à des
anomalies des vaisseaux afférents [7]. Les études expérimentales
sur les modèles animaux supportent l’hypothèse que l’ischémie est à
l’origine des lésions de la SB [8]. Les artérioles qui
approvisionnent la substance blanche profonde montrent, dans les
cas de LA objectivée par l’IRM, des modifications pathologiques
telles qu’une lipohyalinose, des tortuosités anormales et des
lésions d’athérosclérose (caractérisées par un épaississement
grossièrement concentrique des parois vasculaires, une perte des
cellules musculaires lisses et un rétrécissement de la lumière
vasculaire). La SB profonde est particulièrement sensible à
l’hypoperfusion car elle est exclusivement alimentée par ces longs
vaisseaux perforants venant de la région leptoméningée. En cas de
lésion obstructive ou sténosante avec retentissement hémodynamique
vasculaire, ce sont ces territoires plus distaux qui vont être mal
irrigués (souffrance des « derniers prés »). De plus, à
ces anomalies de l’alimentation artériolaire peuvent s’associer des
modifications pathologiques veineuses qui contribuent
significativement à la LA. En effet, une association a été montrée
entre LA et collagénose périveineuse, anomalie dégénérative de la
paroi veineuse liée à l’âge [5]. Chez les individus ayant une
collagénose périveineuse l’augmentation du dépôt de collagène dans
la paroi des veines conduit à leur sténose ou occlusion.
Moody et al. [9] ont montré, sur des données
anatomopathologiques, qu’il existait une importante réduction de la
densité vasculaire au niveau des zones de LA en IRM. De plus, ces
mêmes auteurs notaient une réduction de la densité vasculaire au
niveau de la substance grise ainsi que dans la SB, en dehors des
anomalies figurées en IRM, chez ces sujets porteurs de LA comparés
à des sujets sains du même âge.
Les fibres en U sous-corticales et le corps calleux sont en
général épargnés par la LA. Les fibres en U sous-corticales
possèdent un meilleur apport vasculaire que les fibres profondes,
notamment par des artères de la convexité. La LA épargne également
le corps calleux dont la vascularisation est assurée par de courtes
artérioles pénétrantes [10].
Analyse en IRM : intérêt de la séquence Flair
L’objectif de la séquence Flair (fluid attenuated inversion
recovery) est de supprimer le signal du liquide cérébrospinal
grâce à une séquence d’inversion-récupération à temps d’inversion
adapté. Dans une séquence d’inversion-récupération classique, pour
obtenir un bon signal, une impulsion de 180̊ inverse d’abord
l’aimantation longitudinale des protons, laisse repousser
l’aimantation et, au bout d’un certain temps (temps d’inversion),
l’aimantation est basculée dans le plan transversal pour constituer
l’image. Dans la séquence Flair, l’astuce est de réaliser
l’acquisition des images lorsque l’aimantation des protons du
liquide cérébrospinal repasse par 0. Elle ne contribue alors pas au
signal dans l’image : l’eau est « supprimée » de
l’image. Cette séquence pondérée en T2 met bien en évidence les
lésions de LA sous la forme d’un hypersignal, notamment dans les
régions périventriculaires et sous-corticales grâce à la
suppression du signal du liquide cérébrospinal. Elle est moins
performante pour l’analyse de la fosse postérieure que les
séquences conventionnelles en écho de spin pondérées en T2. C’est
actuellement la séquence de choix pour l’évaluation de la LA. La
quantification des anomalies de signal a fait l’objet de nombreux
travaux [11, 12]. Si les mesures volumétriques semblent mieux
corrélées aux anomalies cliniques [13], leur quantification
visuelle est plus simple, reproductible et applicable en routine.
La classification de Fazekas (figure 3)
[14, 15] est l’une des plus utilisée en pratique clinique et
en recherche. Elle distingue les atteintes périventriculaire,
profonde et sous-corticale, et cote ces atteintes en fonction de
leur étendue.
Signification pathologique
Ces lésions de LA sont très fréquemment notées chez le sujet
âgé : 95 % des sujets de plus de 65 ans présentent des
anomalies de signal de la SB en IRM [4, 16]. Les facteurs
reconnus qui augmentent la sévérité de la LA sont l’âge, l’HTA
et certains facteurs génétiques (polymorphismes système
rénine/angiotensine) [17].
Leurs conséquences cliniques sont diverses et encore mal
connues : baisse de la vitesse du traitement des informations,
troubles des fonctions exécutives [18, 19] ou encore de la
mémoire de travail [20]. Dans ces études, la gravité des symptômes
était corrélée avec l’importance des anomalies de signal vues en
IRM [charge lésionnelle]. La LA pourrait être le reflet IRM d’une
interruption de réseaux corticaux et sous-corticaux qui jouent un
rôle clé dans la modulation des activités cognitives. Elle a
également été associée à la présence de symptômes dépressifs
[21-23], à la survenue de troubles de la marche [contrôle postural,
équilibre] ou de chutes [24, 25] et enfin de troubles
urinaires chez les sujets âgés [26]. Toutefois, la présence de
lésions de LA n’est pas synonyme de démence vasculaire, même si la
LA est un élément déterminant du déclin fonctionnel [15, 27].
Son importance est liée au risque de survenue d’un infarctus
cérébral et d’une démence [28, 29]. Chez les sujets porteurs
d’une maladie d’Alzheimer, il existe un lien entre l’importance de
ces lésions, mises en évidence dans 30 % des cas, et le
déficit cognitif [30]. Le risque d’extension de la LA est lié à
l’âge, la pression artérielle et le volume initial des lésions
[17]. À l’inverse, le contrôle de la tension artérielle pourrait
dans certains cas ralentir la progression de la LA [31].
Infarctus lacunaires et silencieux
L’atteinte de petits vaisseaux cérébraux est également à
l’origine d’infarctus particuliers : les infarctus lacunaires
et les infarctus silencieux. Les infarctus lacunaires sont des
infarctus cavitaires de 5 à 15 mm3 de volume ou de
5 à 10 mm de diamètre, préférentiellement localisés au niveau
des noyaux gris centraux, des capsules internes, du pont et de la
substance blanche sous-corticale [32]. Ils se traduisent en IRM sur
la séquence flair, selon leur contenu plus ou moins proche du
liquide cérébrospinal (LCS), par des images nodulaires en hyper ou
en hyposignal T2 Flair cerné par un liséré en hypersignal (figure 4) Les
infarctus lacunaires ou sous-corticaux de petite taille résultent
de l’occlusion d’une branche non anastomotique des artères
perforantes cérébrales. Ils doivent être distingués d’espaces de
Virchow-Robin élargis. Fréquemment rencontrés dans les régions
sous-lenticulaires, mésencéphalique ainsi que dans la substance
blanche profonde, ces derniers correspondent à une extension des
espaces sous-arachnoïdiens (sous-pial) accompagnant les artères qui
pénètrent dans le parenchyme [6]. De taille variable (de quelques
mm le plus fréquemment à plusieurs cm), souvent multiples, bien
limités, le signal de ces espaces de Virchow Robin élargis qui
contiennent du liquide interstitiel est identique à celui du LCS
(figure 5),
avec notamment un hyposignal sur la série pondérée en Flair. Ils
peuvent être difficiles à différencier de lacunes, d’autant qu’ils
sont également parfois bordées par un fin liseré en hypersignal et
peuvent être associées à d’authentiques lacunes. Les éléments du
diagnostic en faveur d’un espace de Virchow-Robin élargi
sont : un signal parfaitement identique à celui du LCR sur les
différentes pondérations, la présence d’une artère au sein de
l’image kystique, son orientation oblique pour les lésions situées
dans la substance blanche profonde (trajet vasculaire).
Les infarctus lacunaires représentent le quart des infarctus
cérébraux. Le syndrome clinique lacunaire est spécifique de sa
localisation : hémiparésie motrice pure, syndrome sensoriel
pur, hémiparésie ataxique ou syndrome dysarthrie-main malhabile. Le
pronostic clinique est paradoxal avec un bon pronostic de
récupération fonctionnelle à court terme, mais avec un risque à
moyen et long terme de morbi-mortalité augmentée, de démence et de
récidive ischémique. C’est pour cette raison que le suivi, les
corrections des facteurs de risque cardiovasculaire et les
traitements de prévention secondaire des infarctus cérébraux
doivent être appliqués rigoureusement chez ces patients [33].
L’amélioration des techniques d’imagerie notamment IRM et de son
accessibilité, a permis d’identifier la présence d’infarctus
silencieux chez environ 20 % des personnes âgées sans
antécédent d’accident neurologique ischémique parlant [34] (figure 6). Ils
sont en fait associés à des déficits neurologiques fonctionnels et
cognitifs subtils. Les patients présentant des infarctus silencieux
associés à une LA sont des patients à haut risque de récidive d’AVC
ischémique. Le risque relatif de récidive ischémique est multiplié
par deux, indépendamment des facteurs de risque cardio-vasculaires
[35, 36]. L’apparition d’un infarctus silencieux réduit les
performances cognitives [37]. Son impact dépend de la localisation
de l’infarctus : altération des performances mnésiques en cas
d’infarctus thalamique et ralentissement psychomoteur dans les
autres localisations. En cas de thrombolyse pour un AVC aigu, la
présence de ces lésions silencieuses augmente le risque de
transformation hémorragique cérébrale, mais n’altère pas le
bénéfice du traitement [38, 39].
Maladies des petits vaisseaux et phénomènes hémorragiques
Les microsaignements cérébraux
L’utilisation en routine des séquences IRM en écho de gradient
T2* conduit à la détection fréquente de microsaignements
(microbleeds), images habituellement non repérées sur le
scanner ni sur les séquences classiques d’IRM. Ces lésions
apparaissent sur les séquences T2* comme des anomalies de signal de
petite taille (2-10 mm) [40, 41] (figure 7).
La séquence T2 écho de gradient en IRM
La séquence d’IRM en écho de gradient pondérée T2 ou T2* (T2
« étoile ») utilisée pour la recherche de ces
microsaignements est une séquence sensible aux différences de
susceptibilité magnétique (faculté de s’aimanter) entre les tissus.
Cette différence crée un gradient de champ magnétique responsable
d’une chute du signal. Les structures comme l’air, l’os, le
calcium, le fer, possèdent des susceptibilités très différentes des
tissus et leur interface avec les tissus présentera des artefacts
de susceptibilité magnétique avec chute artificielle du signal. Cet
artefact est mis à profit pour dépister des foyers hémorragiques
anciens (qui contiennent des pigments ferrugineux), non décelables
par les séquences conventionnelles [écho de spin T2 ou Flair] (figure 7).
C’est la séquence habituelle pour le dépistage des
microsaignements. Les stigmates d’hémorragie peuvent être
intraparenchymateux ou situés à la surface du cerveau (sidérose
superficielle suite à une hémorragie méningée) (figure 8). Plus
récemment, un nouveau type de séquence peut être utilisé avec une
meilleure sensibilité : l’imagerie de susceptibilité
magnétique (ou SWI pour susceptibility weighted imaging)
[42]. En utilisant un temps d’écho et un post traitement
spécifique, cette séquence permet de mettre en évidence un plus
grand nombre de lésions hémorragiques et des lésions plus petites
que les séquences en écho de gradient conventionnel, mais elle est
de durée plus longue et source de plus nombreux artefacts.
Signification des microsaignements
Les microsaignements sont constitués de dépôts d’hémosidérine
dans les espaces périvasculaires, secondaires à des foyers
d’hémorragie. Ils témoignent d’une pathologie vasculaire de type
lipohyalinose [43-45] ou d’une angiopathie amyloïde [46]. Les
microsaignements associés à l’HTA siègent plus fréquemment dans les
régions centrales (noyaux gris centraux, thalamus, cervelet), au
niveau d’artérioles à haute pression (figure 9) [46]. À
l’inverse, les microsaignements lobaires, périphériques sont très
suggestifs d’angiopathie amyloïde [40]. Les deux étiologies sont
associées à une perte des fibres musculaires lisses, une diminution
de la vasoréactivité et à une rupture de la barrière
hémato-encéphalique conduisant au microsaignement, mais également à
des lésions de LA. En effet, la LA est associée dans 80 % des
cas à des lésions d’angiopathie amyloïde. L’atteinte est corrélée
avec le nombre de microsaignements. La quantité de microsaignements
est corrélée avec la sévérité de la LA et la présence de lacunes
[41]. Leur prévalence est de 5 % en population générale,
34 % chez des sujets ayant eu un accident vasculaire cérébral,
pour atteindre 60 % chez les sujets porteurs d’une hémorragie
spontanée intracérébrale [43]. Elle augmente aussi avec l’âge,
atteignant 13 % après 75 ans. Ces lésions sont associées à
l’HTA et au diabète. Dans une population « tout venant »
issue d’une consultation mémoire, la prévalence des
microsaignements est de 17 % [43] et plutôt lobaire (en
particulier occipitale) en cas d’angiopathie amyloïde [47]. Après
la survenue d’un hématome lobaire, le risque de survenue d’un
nouvel hématome intracrânien symptomatique est corrélé au nombre de
microsaignements sur l’IRM [38]. La survenue d’un hématome
intracrânien chez un patient sous antiagrégants plaquettaires est
corrélée au nombre de microsaignements. Aussi la présence de
multiples microsaignements sur une IRM nécessite-t-elle une bonne
analyse de la balance bénéfice/risque avant la mise sous
antiagrégants plaquettaires. Toutefois, aucune étude ne permet de
dire que les traitements anticoagulants ou les antiagrégants
plaquettaires sont contre indiqués en cas de microsaignements [48].
Les microsaignements sont fréquemment retrouvés dans la maladie
d’Alzheimer [prévalence : 20 à 30 %] [47, 49] ainsi
que dans le déclin cognitif léger (mild cognitive
impairment, MCI) ou dans d’autres pathologies démentielles
(Cadasil, démences vasculaires sous corticales) [50, 51].
Le retentissement possible sur la cognition des microsaignements
est encore mal connu. Suite à une hémorragie intracrânienne, le
déclin cognitif est d’autant plus sévère que les microsaignements
sont nombreux [40]. En ce qui concerne le fonctionnement cognitif
global, les conséquences des microsaignements sont contradictoires
dans la littérature [43]. Plus récemment, l’impact possible des
microsaignements sur l’évolution du MCI a été évoqué. Les
microsaignements pourraient constituer un facteur de risque de
conversion du MCI vers la démence non Alzheimer [52]. Ces
microsaignements doivent être distingués des autres causes
d’hyposignaux en IRM sur la série en écho de gradient, notamment
les dépôts de fer dans les pallidum (topographie typique à la
partie médiale des noyaux lenticulaires, présence fréquente de
calcifications sur le scanner) (figure 10), en cas
de cavernomatose (autres lésions typiques de cavernome, antécédents
familiaux) ou de cisaillement axonal (antécédent de traumatisme,
autres images séquellaires de traumatisme).
Les hématomes cérébraux
Ces hématomes liés à la rupture de microvaisseaux peuvent être
de 2 types : profonds ou superficiels (lobaires) et sont
souvent à l’origine d’une symptomatologie aiguë déficitaire à la
différence des microsaignements chroniques. De plus de 10 mm,
ils ont une traduction non seulement sur les séquences T2 en écho
de gradient, mais également sur les séquences standards en écho de
spin T1 et T2 (souvent en hypersignal).
La pathologie des petits vaisseaux, surtout lorsqu’elle est
associée à une hypertension artérielle, peut mener à la
constitution d’hématomes localisés au niveau des noyaux gris
centraux en particulier au niveau du noyau lenticulaire, du
thalamus ainsi qu’au niveau du pont et du cervelet. Les hématomes
des noyaux gris centraux sont le plus souvent liés à la rupture de
la paroi vasculaire d’une artère lenticulostriée, siège des
micro-anévrismes décrits par Charcot et Bouchard [53, 54].
Les hématomes lobaires avec atteinte corticale sont eux
fréquemment associés à une atteinte sévère d’angiopathie amyloïde.
L’angiopathie amyloïde sporadique est suspectée devant la présence
d’au moins deux hématomes lobaires d’âge différent ou la présence
de microbleeds corticaux d’origine indéterminée chez un sujet de
plus de 55 ans [40, 55]. L’apparition d’hématomes cérébraux
qu’ils soient profonds ou lobaires grève le pronostic fonctionnel
et cognitif et la morbi-mortalité du patient.
Conclusion
L’IRM permet d’identifier, grâce à différents types de
séquences, des anomalies de signal du parenchyme cérébral qui
témoignent d’une atteinte dégénérative des petites artères
cérébrales. Les conséquences visibles en IRM ne représentent
probablement qu’un marqueur d’une maladie cérébrovasculaire
généralisée au sein du parenchyme cérébral. Ces lésions, dont
l’incidence et l’importance augmentent avec l’âge, sont maintenant
considérées comme le reflet d’un vieillissement pathologique par
atteinte de la microvascularisation. Elles augmentent le risque de
survenue et la sévérité des AVC ischémiques ou hémorragiques. Leur
importance est également associée à la présence de troubles
cognitifs et/ou affectifs. Le rôle exact de cette microangiopathie
cérébrale dans la survenue et le profil évolutif des syndromes
démentiels reste à préciser.
Conflits d’intérêts: aucun.
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