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Nutrition advises in renal insufficiency patients


Journal de Pharmacie Clinique. Volume 30, Number 4, 253-6, Décembre 2011, Dossier

DOI : 10.1684/jpc.2011.0198

Résumé   Summary  

Author(s) : Marie-Paule Dousseaux, Service de néphrologie, Hôpital de la Pitié Salpêtrière, Paris.

Summary : The nutrition of patients with renal impairment should be adapted to the stages of renal fonction, to the biology and more generally to the patient profile and always with variable and balanced aliments. Consultation with a dietitian is essential to customize the nutritional management. At the beginning of the deterioration of renal function, diet can be involved in the protection of kidney, including actions on hypertension, proteinuria, diabetes, cholesterol, obesity, and hyperuricemia. It also helps to overcome the deficit in renal function when complications arise as troubles in serum potassium, phosphate, calcium, blood urea and for the formation of edema. Thus, a dietitian support for these patients at the diagnosis of renal insufficiency and throughout the evolution of the disease must be able to contribute to its good overall management to slow down the deterioration of renal function and manage the complications that may arise.

Keywords : renal insufficiency, alimentation, nutrition, dietitian

ARTICLE

jpc.2011.0198

Auteur(s) : Marie-Paule Dousseaux mariepaule.dousseaux@free.fr

Service de néphrologie, Hôpital de la Pitié Salpêtrière, Paris

Tirés à part : M. Dousseaux

Il est encore trop fréquent d’entendre des conseils abusifs qui relèvent de croyances concernant l’alimentation des insuffisants rénaux : suppression de la viande rouge, sans sel…

Comme dans beaucoup de pathologies chroniques, la diététique doit être adaptée aux stades de l’insuffisance rénale, aux résultats biologiques, mais aussi aux habitudes de chaque patient. Il est donc difficile de donner des conseils sans tenir compte de ces paramètres.

La diététique doit répondre en premier au maintien de l’état nutritionnel en couvrant les apports de base en protéines et en calcium, liés au renouvellement des tissus, ainsi qu’en apportant l’énergie nécessaire à chaque individu selon ses besoins, par les lipides et les glucides.

Ensuite, elle participe à préserver la santé : prévenir les maladies dues à un apport inadéquat de l’alimentation (obésité, diabète, ostéoporose, dénutrition, maladies cardiovasculaires…).

Lorsque la maladie rénale s’installe, dès les premiers stades, la diététique peut aider à ralentir l’évolution de l’insuffisance rénale [1].

À l’apparition des complications de l’IRC, elle pallie aussi le déficit du fonctionnement des reins, par un apport adapté de l’alimentation sans discrimination d’aliments.

À tous les stades de la maladie, il est important de respecter les habitudes alimentaires et culturelles de chaque personne, ainsi que de conserver la convivialité des repas et le plaisir de s’alimenter.

Une alimentation variée et équilibrée

Pour maintenir un bon état nutritionnel, l’alimentation doit être variée et équilibrée, composée des différentes familles d’aliments :

  • –. les viandes, poissons ou œufs : 2 fois par jour ;
  • –. les produits laitiers (lait, laitages, fromages) : 3 par jour ;
  • –. les féculents : céréales, pommes de terre et pain : 3 fois par jour ;
  • –. les fruits : 2 par jour et les légumes : 2 à 3 fois par jour ;
  • –. les matières grasses : à chaque repas en privilégiant celles d’origine végétale ;
  • –. les boissons : seule l’eau est indispensable, à bien répartir dans la journée et à adapter aux besoins individuels ;
  • –. la famille des produits sucrés n’est pas indispensable et est souvent une source de plaisir. Ces produits doivent être consommés avec modération, selon les besoins de chacun ainsi que les traitements en cours et en fonction de son activité physique.


Un repas est équilibré lorsqu’il est composé d’un aliment de chaque famille indispensable, c’est-à-dire :

  • –. 1 portion de viande,
  • –. 1 portion de féculent et/ou pain,
  • –. 1 à 2 portions de légumes verts,
  • –. 1 produit laitier,
  • –. 1 fruit,
  • –. un peu de matière grasse,
  • –. sans oublier de l’eau.


Au cours de la journée, il est recommandé de fractionner l’alimentation en plusieurs repas (au moins trois).

Une alimentation individualisée et adaptée à chacun

Afin de prévenir les maladies dues à un apport alimentaire inadéquat, l’alimentation doit être adaptée aux besoins de chacun en quantité suffisante selon ses besoins énergétiques, en fonction de son activité physique, sa taille, son poids, son âge et son sexe… et en tenant compte de ses résultats biologiques ainsi que de ses traitements.

Préservation de la fonction rénale

L’insuffisance rénale chronique se caractérise par une lente dégradation du débit de filtration glomérulaire. Cependant, la diététique peut contribuer à réguler ou à équilibrer les différents facteurs qui peuvent accélérer la dégradation de la fonction rénale, et cela, dès le premier stade de l’insuffisance rénale chronique [1]. Ces principaux facteurs sont : l’hypertension artérielle, la protéinurie, le diabète, l’hypercholestérolémie et l’hyperuricémie [1-3].

L’hypertension artérielle

L’alimentation, ainsi que le mode de vie, peuvent contribuer à réguler la pression artérielle. La diminution de l’excès de sel dans la cuisine, en augmentant les aromates et en n’utilisant que modérément les aliments industriellement salés, optimise l’effet des médicaments antihypertenseurs. L’adaptation de l’apport et la répartition au cours de la journée, du potassium et du calcium influencent aussi favorablement la pression artérielle. La normalisation de l’indice de masse corporelle est recherchée et un diététicien peut aider le patient. Dans tous les cas, la pratique d’une activité physique régulière est conseillée [1-3].

La protéinurie

Dans le cas où le patient insuffisant rénal présenterait une protéinurie, il conviendrait alors de surveiller trois points particuliers.

Premier point, la prise régulière de médicaments antihypertenseurs est active sur la protéinurie. Second point : les apports en sels seront à contrôler, notamment en modérant sa consommation en se limitant à 6-8 g de sel par jour. Troisième point, les apports en protéine devront être adaptés, sans excès, afin de contribuer à la diminution de la protéinurie. La viande, le poisson, les œufs et les produits laitiers sont indispensables, mais leur apport quantitatif et leur répartition dans la journée seront adaptés selon les besoins [1-3].

Le diabète

Dans le cas des patients atteints de diabète, le contrôle de la glycémie est essentiel. En effet, son contrôle peut retarder l’échéance de l’insuffisance rénale. Ainsi, il est nécessaire de chercher à avoir un équilibre glycémique par des traitements médicamenteux, le contrôle du poids, ainsi que celui de glucides, de lipides et de fibres. L’activité physique est également un facteur important. Bien entendu, l’ensemble de ces paramètres est à adapter aux besoins de chacun [1-3].

L’hypercholestérolémie

La normalisation du LDL-cholestérol (ou mauvais cholestérol) est un facteur de protection de la fonction rénale, mais aussi de protection cardiovasculaire. Pour cela, les huiles et les margarines d’origine végétale ainsi que les poissons gras sont à privilégier. De plus, comme pour le contrôle glycémique, la pratique régulière d’une activité physique est importante [1-3].

L’obésité

Le poids est également un facteur à contrôler. Ainsi, en cas d’excès de poids, les apports énergétiques sont à adapter au BMI des patients et notamment l’apport de lipides et de glucides. De plus, la consommation d’alcool est à modérer tandis que les dépenses physiques sont à privilégier.

L’hyperuricémie

La normalisation de l’uricémie permet de préserver la fonction rénale et de prévenir l’apparition de crise de goutte et la formation de lithiases urinaires [1-4]. Afin d’y parvenir, la consommation d’alcool doit être modérée. En revanche, dans le cas où le patient présenterait un excès de poids, tous les apports énergétiques seraient à adapter. Ainsi, les quantités de sucres et de glucides sont à adapter et doivent bien être réparties sur la journée. Les aliments riches en sucres simples sont à modérer, comme les sucreries et pâtisseries et il faudra se limiter à 2 fruits par jour maximum.

De plus, les aliments riches en protéines sont également à bien équilibrer en quantité et à répartir sur la journée

Rôle de la diététique à l’apparition de complication dans la régulation de la kaliémie, la phosphatémie, l’urémie, la calcémie et des œdèmes

La kaliémie

Chez le patient insuffisant rénal, l’hyperkaliémie entraîne des crampes musculaires qui peuvent être gênantes pour le cœur.

La baisse de l’élimination rénale du potassium, entraînant ainsi une hyperkaliémie, nécessite de limiter les apports alimentaires. Les fruits seront ainsi limités à 2 par jour, soit environ 150 g par fruit. Les légumes et les pommes de terre seront également à limiter avec une petite part de crudités : salade, tomate ou concombre au déjeuner et au dîner. Ainsi qu’une part de légumes cuits ou de pomme de terre (en alternance avec des lentilles, des patates douces ou des dachines) une fois par jour. Ces préparations devront se faire dans un grand volume d’eau et il faudra jeter l’eau de la cuisson.

Les aliments riches comme les avocats, arachides, noix de coco, pistaches… devront être consommés en petites quantités.

Les conseils diététiques visent à permettre un apport en potassium adapté au patient en contrôlant les excès. Mais ces conseils ne nécessitent, en aucun cas, de supprimer une famille alimentaire [1-4].

La phosphatémie

La phosphatémie est un paramètre à contrôler chez les patients insuffisants rénaux. En cas d’excès, des dépôts de phosphate de calcium dans les tissus peuvent être responsables de démangeaisons et d’un durcissement de la paroi des vaisseaux sanguins. Il est ainsi nécessaire de contrôler quantitativement la consommation d’aliments riches en phosphore qui participe à son équilibre sanguin. Ces aliments sont le poisson, la charcuterie, la viande, le fromage et les produits laitiers. Le phosphore est également présent dans les préparations prêtes à l’emploi disponibles dans le commerce, les céréales complètes ainsi que des fruits et légumes secs.

Cependant, ces aliments apportent également des protéines qui sont indispensables aux patients insuffisants rénaux chroniques, il est essentiel de ne pas les supprimer, mais d’adapter leur consommation en fonction des besoins propres à chaque patient.

L’hyperurémie

L’hyperurémie entraîne des nausées, des vomissements et un dégoÛt des aliments riches en protéines. Ainsi, il peut en résulter une perte d’appétit et une diminution d’apport protidique puis énergétique pouvant entraîner une dénutrition.

En cas d’hyperurémie, les apports en protéines doivent être adaptés au besoin de chaque patient et être fractionnés sur l’ensemble de la journée. Les protéines d’origine végétale produisent autant d’urée que les protéines d’origine animale, cependant, ces dernières ne contiennent pas les acides aminés essentiels [1-4].

Calcémie et vitamine D

L’insuffisance rénale diminue l’activation de la vitamine D qui influence l’absorption intestinale du calcium. Selon la calcémie, la vitamine D est donnée en supplément médicamenteux. Le calcium est apporté par les produits laitiers (3 produits par jour) et certaines eaux de boisson [1-4].

Les œdèmes

Chez le patient insuffisant rénal, les œdèmes peuvent apparaître aux stades 4 et 5 de l’insuffisance rénale, lorsque l’élimination du sel est diminuée. Dans le cas où le patient n’aurait pas d’insuffisance cardiaque associée, l’alimentation sera normale avec un apport de 6 à 8 g de sel par jour, en évitant aussi bien les excès que les régimes sans sel strict qui contribuent à une perte d’appétit. De la même façon, le patient pourra boire à sa soif, mais sans se forcer. En effet, il n’est pas conseillé de boire plus sauf dans le cas où il serait nécessaire de diluer les urines, par exemple dans le cas d’infection et/ou de calculs urinaires.

Conclusion

La diététique du patient insuffisant rénal chronique nécessite de connaître certains paramètres biologiques pour être adaptée sans restriction abusive. En effet, de façon générale, il n’y a aucun interdit, mais il peut être nécessaire de réaliser des ajustements au cas par cas, selon le profil du patient, ces comorbidités et sa fonction rénale. De plus, il est important de ne pas supprimer automatiquement et strictement tel ou tel aliment.

Par ailleurs, il est essentiel de garder à l’esprit la dimension humaine de l’alimentation, avec ses plaisirs, ses réconforts et également son aspect social et convivial. En effet, ces éléments contribuent au moral du patient et également à son observance.

Pour toutes ces raisons, l’accompagnement du patient insuffisant rénal chronique par un diététicien doit permettre de réaliser à la fois un bilan complet dès la prise en charge de l’insuffisance rénale et également tout au long de l’évolution de la maladie. Ainsi, le diététicien peut tenir compte de l’ensemble des particularités du patient et son évolution dans le temps afin de réaliser les adaptations alimentaires nécessaires à son suivi.

Conflits d’intérêts: aucun.

Références

1. Aase S. Kidney friendly : what the National Kidney Disease Education Program strategic plan means for dietetic practice. J Am Diet Assoc 2010 ; 110 : 346-351.

2. Bansal V, Beto J. Medical nutrition therapy in chronic kidney failure : integrating clinical practice guidelines. J Am Diet Assoc 2004 ; 104 : 404-409.

3. Munson L. Medical nutrition therapy for thepredialysis CKD patient. Renal Nutrition Forum Fall 2007 ; 26 : 26-9.

4. Clinical practice guidelines for nutrition in chronic renal failure. K/DOQI, National Kidney Foundation. Am J Kidney Dis 2000 ; 35 (6 Suppl. 2) : S1-140.


 

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