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L’arrêt de l’aprotinine : pourquoi, comment faire, quelles alternatives ? Volume 21, numéro 2, Février 2009

Auteur
Service d’Anesthésie-Réanimation Chirurgicale, Hôpital Cochin, Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, Université Paris Descartes, 27, rue du Fbg Saint-Jacques 75014 Paris
  • Mots-clés : chirurgie, transfusion sanguine, hémostatique, antifibrinolytique
  • DOI : 10.1684/stv.2009.0368
  • Page(s) : 89-94
  • Année de parution : 2009

L’autorisation de mise sur le marché de l’aprotinine, médicament « prohémostatique » largement utilisé afin de réduire le saignement et la demande transfusionnelle en chirurgie hémorragique, a récemment été suspendue. Après des années d’utilisation, cet arrêt a fait suite à la publication d’études indiquant une surmortalité liée à son emploi en chirurgie cardiaque chez l’adulte, tout particulièrement le large essai randomisé canadien BART interrompu prématurément en raison d’une augmentation de la mortalité à 30 jours chez les patients traités par cet agent. Ces informations ont surpris les utilisateurs, tant les nombreuses méta-analyses antérieures étaient rassurantes sur la sécurité de ce médicament. De plus, son efficacité incontestée dans la réduction de la demande transfusionnelle et du taux de réinterventions hémostatiques en chirurgie cardiaque laissait supposer un effet favorable sur la morbidité et la mortalité. Les conclusions de l’étude BART laissent de nombreuses questions sans réponse, notamment celle de l’extrapolation des résultats à d’autres populations de patients et d’autres interventions chirurgicales. Toutefois, ces données convergentes récentes sur les risques liés à l’aprotinine illustrent de façon exemplaire la nécessité de disposer d’études taillées pour des objectifs de sécurité, et non seulement pour des critères d’efficacité sur la demande transfusionnelle, marqueur de substitution fallacieux de la morbimortalité.L’aprotinine en tant que médicament hémostatique en chirurgie n’est probablement pas irremplaçable. Une alternative actuelle en France est l’acide tranexamique. Son efficacité est démontrée en administration préventive dans divers types d’intervention chirurgicale.Toutefois, les conditions d’un usage bénéfique restent insuffisamment explorées.