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Intervention de chirurgie non cardiaque chez un patient ayant un rétrécissement aortique Volume 30, numéro 6, Novembre-Décembre 2018

Tableaux

Auteurs
1 HUPNVS Bichat, Service d’anesthésie-réanimation chirurgicale, 46, rue Henri Huchard, 75877 Paris, France
2 HUPNVS Bichat, Département de cardiologie, 46, rue Henri Huchard, 75877 Paris, France
* Tirés à part
  • Mots-clés : rétrécissement aortique, chirurgie non cardiaque
  • DOI : 10.1684/stv.2018.1050
  • Page(s) : 254-60
  • Année de parution : 2018

L’étude European Heart Survey de 2003 montre l’augmentation de fréquence des rétrécissements aortiques (RAo) dans la population. En 2010, en France, 215 000 patients avaient un RAo, dont 156 800 avaient plus de 75 ans. La valve aortique normale a une surface de 3 à 4 cm2 et la vitesse du flux sanguin qui la traverse (vélocité) est de 1 m/sec. Le RAo est évolutif : la progression moyenne de la sténose se fait sur une augmentation de la vélocité de 0,3 m/sec/an, une augmentation du gradient de 7 mmHg/an et une diminution de la surface aortique de 0,12 cm2/an.

Si le patient sait qu’il a un RAo, l’anesthésiste en consultation préopératoire doit s’assurer qu’une consultation cardiologique récente a eu lieu et doit l’examiner.

Si un souffle cardiaque est entendu par l’anesthésiste, il évoque un RAo et doit conduire à une confirmation par un cardiologue. L’échographie transthoracique (ETT) est indispensable pour confirmer le diagnostic.

Un RAo est sévère si la surface aortique est inférieure à 1 cm2 (0,6 cm2/m2), le gradient moyen supérieur à 40 mmHg, la vélocité supérieure à 4 m/sec. Syncope, angor et dyspnée d’effort apparaissent quand les critères échographiques de RAo serré sont réunis. Il faut se méfier de la fatigue et de la réduction d’activité du sujet âgé.

En l’absence de signes fonctionnels, la chirurgie non cardiaque est envisageable.

En présence de signes fonctionnels, les complications cardiaques et la mortalité sont élevées.

Plus que le choix d’une technique d’anesthésie, c’est la connaissance de la pathologie cardiaque et l’expertise de l’équipe d’anesthésie qui font la différence.