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Hypersensibilité aux anti-inflammatoires non stéroïdiens. Comment faire bénéficier de la protection vasculaire un patient dit « allergique » à l’aspirine ? Volume 16, numéro 8, Octobre 2004

Auteurs
Service de Pneumologie, Hôpital Bichat, 46, rue Henri-Huchard, 75018 Paris, France

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dont l’aspirine ou acide acétylsalicylique représentent une classe médicamenteuse très largement utilisée. Ils sont responsables de 21 % des effets secondaires dus aux médicaments. L’aspirine est particulièrement indiquée dans la prévention secondaire des accidents coronariens aigus qui nécessitent des angioplasies précoces, et après un infarctus du myocarde. Mais certains patients ne peuvent bénéficier de cette protection vasculaire car ils présentent une hypersensibilité aux AINS, pouvant se manifester par une urticaire, un angio-œdème, une rhino-conjonctivite, un asthme ou parfois même un choc hémodynamique anaphylactoïde menaçant le pronostic vital. Les mécanismes physiopathologiques de cette hypersensibilité aux AINS ne semblent pas d’ordre immuno-allergique, mais plutôt d’ordre pharmacologique, par l’inhibition de la cyclo-oxygénase (COX) par les AINS, favorisant la synthèse de leucotriènes, puissants bronchoconstricteurs, jouant un rôle majeur dans les manifestations cliniques. Le diagnostic de l’hypersensibilité aux AINS repose avant tout sur un interrogatoire rigoureux, parfois complété par des tests de provocation à l’aspirine en milieu hospitalier (par voie orale, nasale ou bronchique). Les tests cutanés et la biologie n’apportent pas actuellement d’éléments complémentaires pour le diagnostic. Les mesures d’éviction de l’aspirine et des autres AINS sont alors préconisées. Cependant, lorsque l’indication médicale, en particulier cardio-vasculaire, est formelle, il est possible d’envisager une accoutumance rapide à l’aspirine, sous stricte surveillance médicale en milieu hospitalier, par des spécialistes entraînés.