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Fibrinolyse au cours de l’infarctus aigu du myocarde Volume 18, numéro 10, Décembre 2006

Auteurs
Département de Cardiologie, Hôpital Bichat, 75877 Paris cedex 18, Institut du Cœur, Hôpital Pitié Salpêtrière, 75651 Paris cedex 13
  • Mots-clés : infarctus aigu du myocarde, fibrinolyse, aspirine, héparine, clopidogrel
  • DOI : 10.1684/stv.2006.0043
  • Page(s) : 555-66
  • Année de parution : 2006

Au cours de l’infarctus aigu, l’artère coronaire occluse doit être réouverte le plus tôt possible afin de limiter la taille de l’infarctus et de réduire la mortalité : c’est une urgence, chaque minute compte. La fibrinolyse est un moyen simple, rapide et efficace pour traiter précocement le plus grand nombre de patients même avant l’arrivée à l’hôpital (fibrinolyse préhospitalière). Son bénéfice est optimal dans les trois premières heures suivant le début de la douleur. De nombreux agents sont disponibles, mais le ténectéplase est le seul agent véritablement fibrino-spécifique, dont l’utilisation en bolus unique facilite son administration avant l’arrivée à l’hôpital par les équipes du SAMU. La fibrinolyse a des indications et des contre-indications bien précises qu’il faut respecter scrupuleusement si l’on ne veut pas inverser le rapport risque/bénéfice en défaveur de la fibrinolyse. Elle est d’autant plus efficace que son administration est précoce et que le territoire myocardique ischémique est étendu. Son administration se fait en association avec l’aspirine, le clopidogrel et l’héparine (HNF ou énoxaparine). La fibrinolyse échoue dans 40 % des cas à recanaliser les artères occluses, nécessitant d’avoir des indications larges de la coronarographie immédiatement au décours, pour traiter notamment les artères occluses par une angioplastie complémentaire, l’angioplastie de sauvetage. En cas d’artère ouverte, le délai de réalisation d’une angioplastie complémentaire reste à préciser (probablement à retarder de quelques heures). La fibrinolyse ne s’oppose pas à l’angioplastie, car les deux techniques sont parfois complémentaires. Le choix entre ces deux techniques de reperfusion doit être rationnel, dans le cadre d’un contrat loco-régional entre médecins urgentistes et cardiologues, pour assurer au plus grand nombre de patients une reperfusion précoce.