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Artériopathie oblitérante des membres inférieurs et diabète sucré Volume 16, numéro 8, Octobre 2004

Auteurs
Service de diabétologie, Hôpital de la-Pitié, 83, boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France

L’artériopathie des membres inférieurs, complication cardiovasculaire la plus spécifiquement corrélée à l’hyperglycémie, concerne 20 % des diabétiques de type 2 après 60 ans. Elle est associée à une augmentation du risque d’amputation majeure, et à une augmentation de la mortalité coronarienne. C’est cependant la complication la plus mal évaluée dans les études de prévention et d’intervention. L’artériopathie des patients diabétiques peut concerner les axes proximaux mais se caractérise plus spécifiquement par une atteinte des axes de jambe. Le doppler artériel, avec description précise des axes de jambe et de pied, est l’examen de première intention dans le diagnostic. L’artériographie des membres inférieurs, avec clichés tardifs permettant de visualiser la vascularisation du pied, est réservée aux situations pour lesquelles une revascularisation est envisagée. En présence d’une plaie, la mesure de la pression transcutanée en oxygène (TcPO 2), de la pression de cheville ou d’orteil peuvent avoir un intérêt, parallèlement à l’évaluation clinique, pour évaluer la nécessité d’une revascularisation par angioplastie (souvent tentée dans un premier temps) ou par pontage distal souvent possible sur une artère pédieuse restée perméable le plus souvent. La revascularisation suite au pontage permet dans plus de 80 % des cas le sauvetage de membre. C’est la survenue d’une plaie sur un pied artéritique incapable de « faire face » qui semble pouvoir expliquer la survenue secondaire de la gangrène et l’augmentation du risque d’amputation majeure chez les diabétiques. Si l’efficacité des traitements médicaux de l’artériopathie n’est pas encore démontrée, la prévention des plaies semble être un objectif accessible.