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Cahiers Santé Médecine Thérapeutique

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Complications hémostatiques des hémopathies malignes Volume 30, numéro 4, Juillet-Août 2021

Illustrations


  • Figure 1
Auteurs
Service d’hématologie, laboratoire central d’analyses médicales, CHU Hassan II, Fès, Maroc
* Tirés à part

Des études récentes ont montré que les patients atteints d’hémopathies malignes ont un risque thrombotique accru, notamment au moment du diagnostic et pendant la chimiothérapie. L’incidence des événements thrombotiques est variable et dépend du type et du stade de l’hémopathie maligne, ainsi que des agents de chimiothérapie. La pathogenèse est multifactorielle. Les facteurs procoagulants, fibrinolytiques ou protéolytiques dérivés des cellules tumorales, et les cytokines inflammatoires affectent l’activation de la coagulation. La chimiothérapie et les médicaments immunomodulateurs augmentent le risque de thrombose chez les patients atteints de lymphome, de leucémie aiguë et de myélome multiple. Les infections peuvent également contribuer à la pathogenèse des complications thromboemboliques : les endotoxines des bactéries à Gram négatif induisent la libération du facteur tissulaire, du facteur de nécrose tumorale et de l’interleukine 1b, et les bactéries à Gram positif peuvent libérer des mucopolysaccharides bactériens qui activent directement le facteur XII. Les dyscrasies plasmocytaires, l’hyperviscosité, la diminution de la fibrinolyse, la production d’autoanticorps procoagulants et de cytokines inflammatoires, l’acquisition d’une résistance à la protéine C activée ainsi que les effets prothrombotiques des agents de chimiothérapie antimyélome pourraient être causes de complications thromboemboliques. Le traitement anticoagulant est très compliqué en raison du risque élevé d’hémorragie. Par conséquent, une estimation précise du risque thrombotique du patient est essentielle pour permettre aux cliniciens de cibler une thromboprophylaxie chez les patients à haut risque.