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Cahiers Santé Médecine Thérapeutique

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Bilan de thrombophilie chez l’enfant À propos de 20 cas Volume 30, numéro 1, Janvier-Février 2021

Auteurs
1 Laboratoire d’hématologie du CHU Hassan II, Fès, Maroc
2 Service de pédiatrie du CHU Hassan II, Fès, Maroc
* Tirés à part

La thrombophilie est la propension clinique et/ou biologique à développer une thrombose. Le bilan de thrombophilie chez l’enfant permet d’évaluer les sujets asymptomatiques avec antécédent familial de thrombose ou de thrombophilie, ainsi que les thromboses symptomatiques. Les buts de notre étude étaient de mettre en avant l’intérêt du dépistage de la thrombophilie chez les enfants ayant un antécédent familial et de mesurer les limites actuelles de la réalisation de ces tests ainsi que leur utilité clinique. Matériel et méthodes : il s’agit d’une étude rétrospective sur 24 mois (janvier 2016-décembre 2018) portant sur 20 demandes de bilan de thrombophilie colligées au laboratoire d’hématologie du CHU Hassan II de Fès. Les tests réalisés sont : dosage de l’antithrombine, de l’homocystéine et des protéines S et C ; détection de la résistance de la protéine C activée ; dosage des facteurs VII et VIII ; détection de la mutation du facteur V de Leiden ; recherche des anticorps antiphospholipides ; temps de céphaline avec activateur, taux de prothrombine et numération-formule sanguine. Résultats : 20 demandes pédiatriques ont été enregistrées ; 10 n’ont pas respecté les recommandations pour l’investigation des thrombophilies – indication, demande incomplète et mise sous anticoagulant. La moyenne d’âge de notre population pédiatrique est de 4,2 ans. Les circonstances de découverte de la maladie thromboembolique veineuse (MTEV) sont principalement la thrombophlébite cérébrale, suivie de la thrombose veineuse cérébrale et de l’accident vasculaire cérébral ischémique. Les facteurs de risques prothrombotiques acquis sont essentiellement le port des cathéters veineux centraux (40 %) et la chirurgie (30 %). Le déficit en protéine C est le facteur biologique plus fréquent (30 %), suivi des déficits en protéine S et antithrombine (10 et 15 %). Les déficits combinés représentent 25 % des déficits répertoriés. Un excès en facteur VIII, un déficit en facteur VII et une hyperhomocystéinémie ont été identifiés dans 15 % des cas et des anticorps antiphospholipides de type immunoglobuline G sont présents dans 5 % des cas. Aucune résistance à l’action de la protéine C activée n’a été enregistrée. Discussion et conclusion : la connaissance du concept d’hémostase développementale est essentielle pour l’interprétation des tests de thrombophilie chez l’enfant. La MTEV est souvent une maladie multifactorielle. Les résultats des tests de thrombophilie ont rarement une influence sur les décisions de gestion. Il est donc important de comprendre les limites de l’ensemble de ces tests.