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Science et changements planétaires / Sécheresse

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Une approche écoclimatique des potentialités pastorales en régions sahéliennes Volume 13, numéro 2, Juin 2002

Auteurs
Cirad-EMVT/CNRS, Campus de Baillarguet, TA 30/F, 34398 Montpellier Cedex 5, France.

Une analyse critique de l'abondante littérature sur les relations entre le climat et la productivité des formations sahéliennes a permis de dégager que les productions herbacée et de semences, ainsi que la production de feuilles des ligneux, sont proportionnelles aux précipitations annuelles dès que celles-ci dépassent 75 mm, mais qu'il y a compensation entre les premières et la dernière. Des modèles sont proposés. Il est par ailleurs mis en évidence, à partir des formules de Budyko, que le pouvoir évaporant de l'air est, en première approximation, proportionnel à la température moyenne annuelle. Celui-ci est si élevé que les mares issues des pluies de la saison humide sont asséchées avant la fin de la saison sèche. Il en résulte qu'en toute hypothèse, l'eau de boisson doit, au moins pour partie, provenir de nappes souterraines ou d'un accès à un fleuve permanent. Ces résultats permettent une évaluation de l'aire nécessaire par tête de bétail selon les conditions climatiques et donc de la surface qui doit être à la disposition d'un éleveur pour son troupeau. Mais les précipitations, illustrées par un exemple au Sénégal, présentent de grandes variabilités interannuelles et des périodes plus humides et plus sèches que la moyenne. Une application de la stratégie optimale qu'un éleveur de cette région peut suivre pour s'adapter aux conditions climatiques est proposée et discutée. Il faut tenir compte, au niveau de l'application concrète, des importantes variations liées aux conditions stationnelles.