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Science et changements planétaires / Sécheresse

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Sécheresse et érosion au Sahel Volume 5, numéro 3, Septembre 1994

Auteur
Orstom BP 11416, Niamey, Niger
  • Page(s) : 191-8
  • Année de parution : 1994

En dépit de la diminution de la pluviosité annuelle observée au Sahel depuis la fin des années 60, les pluies les plus intenses, et donc les plus érosives, n’ont pas connu la même raréfaction. Elles provoquent la destruction des agrégats à la surface du sol. Les produits de cette désagrégation se trouvent soit entraînés par le vent ou le ruissellement, soit réorganisés sur place, ou à faible distance, pour former une croûte superficielle. Du fait de la diminution du couvert végétal et des teneurs en matière organique des sols, la sécheresse s’est accompagnée d’une nette extension de ces croûtes. Bien que naturels, ces processus se sont accélérés sous l’effet des activités humaines. Le décapage des horizons superficiels et la mise à l’affleurement des horizons gravillonnaires se manifestent particulièrement dans les zones surpâturées ou dans les parcours défrichés pour la mise en culture. L’extension des croûtes superficielles a provoqué une augmentation des coefficients de ruissellement, qu’ils soient mesurés à l’échelle du m2 ou à celle des petits bassins versants. De même, la sécheresse a favorisé l’augmentation des érosions ravinante et éolienne et, par voie de conséquences, de la fréquence des brumes sèches. De fortes interactions relient ces processus d’encroûtement superficiel et d’érosions hydrique et éolienne.