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Science et changements planétaires / Sécheresse

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Érosion éolienne au Sahel et sécheresse Volume 5, numéro 3, Septembre 1994

Auteur
CREGEPE Université de Caen, 14032 Caen cedex, France
  • Page(s) : 199-210
  • Année de parution : 1994

Les interactions entre l’érosion éolienne et la sécheresse se font sentir à trois niveaux scalaires : à l’échelle du sol, par des modifications de ses propriétés ; à moyenne échelle, par la disparition de la végétation, par l’érosion des sols induite et la mobilisation des sables par le vent ; à l’échelle globale, par une accentuation généralisée de la déflation et l’augmentation induite de l’injection des poussières dans l’atmosphère qui participent au processus de désertification. Dans le système " vent-sécheresse-sol ", l’étude des facteurs aérologiques permet de cerner les paramètres de l’érosivité qui contrôlent la dégradation du sol par le vent. En outre, la sécheresse, en modifiant les caractères mécaniques, hydriques, chimiques et minéralogiques des sols accroît leur érodibilité face au vent. À l’échelle locale et régionale, les conséquences de la relation sécheresse / érosion éolienne sont : une disparition de la végétation par perte en eau du sol et appauvrissement de la flore ; une dégradation des horizons superficiels du sol et l’apparition en surface d’encroûtements généralisés et stériles ; la mobilisation de voiles sableux par le vent accentuant le processus érosif. À l’échelle globale, le développement de deux risques éoliens sur les marges désertiques traduit l’interaction de la sécheresse et de l’érosion des sols par le vent : ensablement néfaste aux activités et aménagements humains et augmentation de la brume sèche aggravant la pollution atmosphérique.