John Libbey Eurotext

Science et changements planétaires / Sécheresse

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Difficultés de transhumance des chameliers dans le Tchad central liées aux aléas climatiques Volume 22, numéro 1, Janvier-Mars 2011

Auteurs
Projet Almy al Afia BP 5557 N’Djamena Tchad, Cirad ES Laboratoire de recherches vétérinaires et zootechniques (LRVZ) BP 433 N’Djamena Tchad
  • Mots-clés : camelin, pastoralisme, Tchad, transhumance
  • DOI : 10.1684/sec.2011.0295
  • Page(s) : 25-32
  • Année de parution : 2011

Le Tchad est un pays d’élevage où la transhumance est à la fois un phénomène social et une manière d’exploiter les animaux. Optimiser les ressources pastorales et sécuriser les systèmes pastoraux imposent des déplacements réguliers des hommes et de leurs troupeaux dictés par les conditions climatiques. Les périodes de sécheresse tout comme les fortes pluies sont redoutées des chameliers, qui, dans le Tchad central, doivent remonter au nord avant les fortes crues du fleuve Batha. Cette étude sur le nombre de dromadaires bloqués au sud par des montées des eaux précoces met en évidence la très faible productivité des troupeaux restés au sud du fleuve par rapport à ceux qui ont atteint le nord de la rive (indices de productivité de 0,29 et 0,59, respectivement). La comparaison entre des années où la crue est précoce et celles où elle est tardive permet d’évaluer le nombre de dromadaires que le fleuve peut empêcher de passer à près de 100 000 têtes. Les causes de cette faible productivité sont alimentaires et sanitaires, mais l’impact du blocage des animaux au sud du fleuve est également négatif sur la cohabitation avec les agriculteurs sédentaires. La future construction d’un pont pastoral sur l’un des gués fréquemment utilisé par les chameliers devrait faciliter les mouvements de transhumance et atténuer ces problèmes.