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Science et changements planétaires / Sécheresse

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Démarrage de la saison des pluies au Sahel : variabilité aux échelles hydrologique et agronomique, analysée à partir des données EPSAT-Niger Volume 16, numéro 1, Mars 2005

Auteurs
Laboratoire d’étude des transferts en hydrologie et environnement (LTHE), Institut de recherche pour le développement (IRD), 1023, rue de la Piscine, BP 53, 38041 Grenoble cedex 9, France
  • Mots-clés : Pluviométrie, Hydrologie, Climatologie, Mousson, Agriculture, Sahel
  • Page(s) : 15-22
  • Année de parution : 2005

Le démarrage de la saison des pluies au Sahel, qui est d’une importance critique pour la culture du mil, est étudié à partir d’un réseau dense de 30 pluviographes installés depuis 12 ans, couvrant une zone de 16 000 km 2 dans la région de Niamey (Niger, 13,5° N). Trois critères sont utilisés pour définir le démarrage de la saison des pluies, l’un est spatial (« climatique »), les deux autres sont ponctuels (« hydrologique » et « agronomique »). Le démarrage climatique est lié à l’observation du premier système convectif de mésoéchelle organisé. Le critère hydrologique prend en compte la première pluie générant du ruissellement. Le critère agronomique s’assure que le démarrage n’est pas suivi d’épisodes secs de plus de 7 jours. Le démarrage dit « agronomique » est le plus tardif et coïncide avec la date du « saut » de mousson, ayant lieu la troisième décade de juin. La saison des pluies « hydrologique » peut débuter plusieurs semaines avant cette date ; néanmoins 90 % du cumul annuel tombe au cours de la saison agronomique, c’est-à-dire entre la troisième décade de juin incluse et fin septembre. Le démarrage « climatique » se situe entre les deux. Ces dates moyennes cachent une grande variabilité spatiale. Sur la zone étudiée, le démarrage agronomique ou hydrologique peut varier de plus de 3 semaines pour une année donnée selon la station considérée. Sur les 12 ans d’observation, les dates moyennes de démarrage sont aussi très variables, alors que les dates de fin sont plus resserrées. On montre également qu’il n’y a pas de corrélation significative entre le cumul saisonnier et la longueur de la saison des pluies. L’intérêt de ces résultats pour les cultures de mil est discuté en conclusion.