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Science et changements planétaires / Sécheresse

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Analyse des inter-relations anthropiques et naturelles : leur impact sur la recrudescence des phénomènes d’ensablement et de désertification au sud-est du Maroc (vallée de Drâa et vallée de Ziz) Volume 11, numéro 4, Décembre 2000

Auteurs
Faculté des sciences, Département de géologie, Laboratoire de géologie dynamique et appliquée, Kénitra, Maroc.
  • Page(s) : 297-308
  • Année de parution : 2001

Dans cet article nous avons procédé à une analyse des facteurs naturels et anthropiques à l’origine de l’exacerbation des phénomènes d’ensablement et de désertification dans le Sud-Est marocain. Il s’avère que le milieu a évolué ces dernières décades, sous l’influence et l’interaction de divers facteurs anthropiques et naturels. Ainsi de par ses caractéristiques physiques ce milieu est naturellement fragile mais c’est surtout la forte pression humaine alliée à la péjoration des conditions climatiques enregistrée ces dernières décades et l’introduction de technologies lourdes et inappropriées qui ont conduit par de lents processus insidieux à l’apparition de biotope désertique même là où il n’y en avait pas. En effet du fait de l’accroissement de la population et des mutations socio-économiques, on a eu tendance à demander à ce milieu plus qu’il ne peut donner. L‘intrusion du monde moderne dans les oasis, qui s’est accompagnée de l’extension du réseau routier, des canaux d’irrigation, de la motorisation, de l’implantation de barrages, etc., a créé de nouveaux rapports entre l’homme et son milieu. La confrontation des techniques modernes et traditionnelles voit ces dernières devenir désuètes, non crédibles et mal adaptées aux nouvelles données des politiques de développement. La situation qui en a résulté est celle d’un déséquilibre généralisé. La recrudescence des phénomènes d’ensablement et de désertification dans le Sud-Est marocain est donc beaucoup plus liée à l’accroissement de la pression humaine, aux transformations technologiques qui l’accompagnent, à une mauvaise gestion des ressources qu’à la péjoration des conditions climatiques peu favorables. Les actions humaines sont donc au premier rang des causes des déséquilibres observés ces dernières décennies dans le Sud-Est marocain.