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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Une hépatite émergente : l’hépatite E Volume 16, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2006

Auteurs
Service d’Hépato-gastro-entérologie, Fédération digestive, Hôpital Purpan, CHU Toulouse, Laboratoire de virologie, Hôpital Purpan, CHU Toulouse

Le virus de l’hépatite E (VHE) est un virus à ARN monocaténaire, sphérique et non enveloppé. On distingue 4 génotypes (1-4). L’infection par le VHE peut survenir sous deux formes : des grandes épidémies exclusivement dans les régions endémiques (Sud-Est asiatique, sous-continent indien, Asie centrale, Afrique, Mexique) et des formes sporadiques. La transmission du VHE se fait principalement par voie féco-orale. Il existe un risque de transmission de l’animal à l’homme. Les formes asymptomatiques ou paucisymptomatiques sont estimées à près de la moitié des cas. Les formes symptomatiques peuvent être sévères. La mortalité atteint 20 % chez la femme enceinte. Très récemment des cas autochtones (hépatite contractée en France) ont été rapportés. Plusieurs points différencient les hépatites sporadiques autochtones des hépatites contractées en zone d’endémie : 1) l’âge moyen de survenue est plus avancé ; 2) le pronostic est plus sévère ; 3) il existe des formes prolongées voir chroniques chez certains immunodéprimés en particulier les greffés d’organe. Le diagnostic d’hépatite E doit maintenant être évoqué devant toute hépatite aiguë d’origine inexpliquée en France. Il repose sur la recherche du VHE dans le sang ou les selles par RT-PCR.