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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Troubles neurologiques chez les porteurs du virus d‘immunodéficience humaine à Yaoundé Volume 13, numéro 3, Juillet 2003

Auteurs
Faculté de médecine et des sciences biomédicales, Université de Yaoundé I, BP 1364 Yaoundé, République du Cameroun <reneatanganayahoo.fr>

Les manifestations neurologiques sont fréquentes dans le syndrome d‘immunodéficience acquise (sida). Elles peuvent être inaugurales mais elles sont le plus souvent présentes dans la phase terminale de la maladie. Le but de cette étude est de décrire les complications neurologiques imputables au sida ainsi que leur évolution dans le service de réanimation de l‘hôpital général de Yaoundé, République du Cameroun. Cette étude descriptive a été menée pendant 2 ans dans le service. Tous les malades porteurs du virus d‘immunodéficience humaine (VIH) et présentant un trouble neurologique diagnostiqué après anamnèse et examen clinique, ont été inclus dans ce travail. Chez ces patients, les examens effectués ont été les suivants : fond d‘œil, titrage de CD4, sérologie toxoplasmique, ponction lombaire, scanner cérébral. Un diagnostic a été posé et les patients ont été traités en conséquence. Leur évolution a été appréciée en fonction de l‘état clinique et de la mortalité constatée dans le service. Nous avons recruté 51 patients âgés de 38 ans en moyenne (± 7 ans), parmi lesquels nous pouvions décompter 31 femmes (60,8 %) et 20 hommes (39,2 %). Les troubles neurologiques observés ont été les suivants : 26 états comateux, 14 états d‘agitation avec confusion mentale, 6 états méningés, et 5 états hallucinatoires. Le titrage de CD4 a révélé une moyenne de 146 éléments\mm 3 (± 12). La sérologie toxoplasmique a été positive chez 6 patients. Le scanner cérébral a montré 4 cas de tumeur cérébrale, 6 cas de toxoplasmose cérébrale et 8 cas d‘abcès cérébral. L‘analyse du liquide céphalo‐rachidien (LCR) a révélé dans 2 cas un liquide trouble de type « eau de riz ». Les examens de fond d‘œil mettent en évidence 5 cas d‘œdème papillaire. Les examens para‐cliniques effectués nous ont permis de classer les patients selon les diagnostics suivants : 4 tumeurs cérébrales, 2 méningites bactériennes, 10 méningites aseptiques, 6 toxoplasmoses cérébrales, 21 encéphalopathies sub‐aiguës, 8 abcès cérébraux. Ces patients ont été traités en fonction des diagnostics établis. Leur évolution a été marquée par une rémission chez 14 malades avec amélioration de l‘état clinique et 34 patients sont décédés. Des manifestations neurologiques diverses accompagnent l‘infection à VIH. Ces complications varient en fonction du stade de la maladie. Elles sont dues aux infections opportunistes, aux tumeurs, ou au virus lui‐même. La complication la plus fréquente dans notre service est l‘encéphalite subaiguë entraînant le coma, ce qui peut s‘expliquer par le fait que le service de réanimation reçoit surtout les malades en phase terminale provenant des autres services. Ce recrutement tardif expliquerait également la mortalité très élevée.