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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Perceptions des douleurs chez les patients traités par antirétroviraux au Nord-Kivu (RD Congo) Volume 20, numéro 4, octobre-novembre-décembre 2010

Auteurs
Les Bleuets 556, route du Château 01280 Moens France, Ministère de la Santé Inspection provinciale de la santé Goma Nord-Kivu RD Congo, Ministère de la santé s/c Inspection Provinciale de la Santé Goma Nord Kivu RD Congo, Ministère de la Santé Bureau national de la tuberculose BP 12706 Kinshasa RD Congo, Alter santé internationale et développement 1, rue Henri 34090 Montpellier France, Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires Département VIH 68, Boulevard Saint Michel 75006 Paris France
  • Mots-clés : antirétroviraux, Congo, douleur, VIH/sida
  • DOI : 10.1684/san.2010.0211
  • Page(s) : 189-94
  • Année de parution : 2010

Cette recherche menée auprès de patients co-infectés par la tuberculose et le VIH a pour objectif d'explorer la perception locale d'une forme de douleurs (michi en langue du Nord-Kivu), associée dans ce cas à la prise d'antirétroviraux. L'étude sémantique du terme michi révèle une entité nosologique populaire basée sur une ethnophysiologie naturaliste du corps, aux étiologies variées mais précises. La description (localisation, durée, intensité) des signes fonctionnels douloureux et le contexte de leur survenue ont permis de les qualifier de neuropathies périphériques iatrogènes sévères. Cet effet secondaire classique du traitement antirétroviral n'est toutefois pas diagnostiqué par le personnel soignant qui fait difficilement le lien entre trivialité des effets secondaires et toxicité du traitement. Il est suggéré de former le personnel soignant non seulement à la reconnaissance des signes fonctionnels en travaillant la nosologie vernaculaire et la nosologie biomédicale, mais aussi à une meilleure écoute des plaintes des patient(e)s, et donc d'aménager le temps de travail à cet effet.