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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Les mycétomes en Afrique Volume 5, numéro 4, Juillet-Août 1995

Auteurs
Travail de la clinique dermatologique, Hôpital A. Le Dantec, BP 3001, Dakar, Sénégal.
  • Page(s) : 211-7
  • Année de parution : 1995

Les mycétomes sont des processus pathologiques au cours desquels des agents étiologiques fongiques ou actinomycosiques produisent des grains. Les agents infectieux se trouvent sur le sol et les végétaux et sont introduits à la suite de traumatismes. Les mycétomes s’observent essentiellement dans les régions nord-tropicales d’Amérique, d’Afrique et d’Asie, mais peuvent déborder cette zone. En Afrique, la zone d’endémie des mycétomes, caractérisée par son climat, est une bande sahélienne qui va de la région Sénégal-Mauritanie, à l’ouest, jusqu’à la Somalie et la république de Djibouti à l’est. M. mycetomatis (champignon) et S. somaliensis (actinomycètes) en sont les principales espèces. A. pelletieri est fréquent en Afrique de l’Ouest. La répartition des principales espèces au sein de la zone d’endémie varie suivant les zones pluviométriques. Le mycétome est plus fréquent chez les sujets masculins et frappe de préférence la tranche d’âge 20-40 ans. Les ruraux sont les plus exposés à la maladie. En Afrique, la localisation principale est le pied. Les malades sont trop souvent vus après plusieurs années d’évolution. L’aspect de tumeur polyfistulisée permet facilement d’évoquer le diagnostic. Le bilan d’extension recherche systématiquement une atteinte osseuse et ganglionnaire. Le diagnostic positif est porté après l’examen direct des grains, la biopsie, et la culture lorsqu’elle est possible. Les actinomycétomes peuvent bénéficier d’un traitement médical. L’association triméthroprime-sulfaméthoxazole semble donner les meilleurs résultats. Le traitement médical des mycétomes fongiques est décevant et onéreux. La chirurgie reste le principal recours. Un dépistage précoce des mycétomes devrait permettre d’éviter les opérations trop mutilantes.